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Parlement : Le ministre de la Santé recourt à la langue amazigh pour répondre à une question

La langue amazighe force de nouveau la porte du Parlement. De nouveau, des mots amazighs ont résonné, pendant quelques minutes dans l’hémicycle. Cette fois, c’est le ministre de la Santé, Hocine El Ouardi qui est l’auteur de cette initiative.

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Le ministre de la Santé est à nouveau sous les feux de la rampe. La semaine dernière, il l’était à cause de menaces de mort qu’il aurait reçu. Cette fois, c’est pour avoir répondu à une question d’un député, de l'USFP, en amazighe. La scène s’est passée, lundi 3 juin, à la Chambre des représentants, de surcroit diffusée en direct sur la chaine Al Oula. L’initiative de Hocine El Ouardi, du parti du PPS, brise presque un tabou. Il est le premier membre d’un gouvernement marocain qui a recours à l’amazighe lors d’une intervention, soit-elle de courte durée, dans l’hémicycle. Et pourtant nombreux sont les ministres d’origine berbères qui se sont succédés tout au long de ses quarante années de vie parlementaires au Maroc. Dans le gouvernement de Benkirane, ils sont onze ministres d'origine berbère dont quatre du PJD.

El Ouardi sur les traces de Tabaâmranet

L’initiative de Hocine El Ouradi n’est pas sans rappeler celle de la députée Fatima Tabaâmranet, du RNI. Pour mémoire, le 30 avril 2012, elle avait posé une question en amazighe au ministre de l’Education. Là, s’arrête les similitudes. Contrairement  à l’intervention de la chanteuse et membre de l’IRCAM (Institut royal de la culture amazighe marocaine) qui avait suscité un tollé avec à la clé des mises aux points du PJD et de l’Istiqlal, à l’époque les deux partis roucoulaient de doux messages,  ainsi que du ministre des Relations avec le parlement, El Habib Choubani. Celle du ministre de la Santé n’a rien suggéré aux parlementaires islamistes. Quant aux amis de Hamid Chabat, ils ont déjà mis un pied dans l’opposition alors que le deuxième n’est qu’une question de temps, en attendant le retour du roi au pays.

La loi sur l’officialisation de la langue amazighe marque le pas

Par son geste, le ministre de la Santé vient de transmettre, à sa manière, à son supérieur hiérarchique, à savoir Benkirane, les préoccupations du mouvement amazigh marocain concernant le retard constaté dans la préparation de la loi organique devant annoncer l’officialisation de la langue amazigh au même titre que l’arabe, et ce, conformément à l’article 5 de la constitution du 1er juillet 2011 : «l’amazigh constitue une langue officielle de l’État, en tant que patrimoine commun à tous les Marocains sans exception. Une loi organique définit le processus de mise en oeuvre du caractère officiel de cette langue, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et aux domaines prioritaires de la vie publique, et ce afin de lui permettre de remplir à terme sa fonction de langue officielle».  Un objectif, apparemment, non-prioritaire pour le cabinet Benkirane. Et pourtant, ce gouvernement est tenu de le réaliser durant cette 9ième législature. Laquelle devrait arriver à terme en 2016.

Le 7 mai 2012, la conférence des présidents des groupes parlementaires avait décidé de reporter toute question ou intervention en amazigh à une date ultérieure, le temps que la Chambre des représentants recrute des traducteurs et s’équipe en moyens matériels à même d’assurer un meilleur usage de la langue amazigh. Une année et presque un mois après cette mesure, la réponse d’El Ouardi en amazighe titille la mémoire courte des chefs de groupes.

:)
Auteur : CHAPAIE
Date : le 06 juin 2013 à 22h23
S'est surtout dû à une arabisation mené par l'Istiqlal, durant des décennies et les Berbères se sont bien fait n...
Le Maroc avance
Auteur : fora2
Date : le 05 juin 2013 à 16h12
En effet, dans le calme et la sérénité , le Maroc avance dans toute sa diversité linguistique.
Et alors ?
Auteur : moussab
Date : le 05 juin 2013 à 14h04
Franchement, il faut arrêter cette schisophrénie ambiante, le Maroc est un pays amazigh majoritairement que on l'en veuille ou pas.

Des millions de Marocains n'ont jamais oser dire un mot alors qu'on leur parle en arabe ou en français sans y comprendre rien. d'ailleurs c'est de là est venu le problème, laisser les autres s'exprimer et s'imposer avec des pseudos arguments.

Dernière modification le 05/06/2013 14:14
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