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Grand Angle

Belgo-marocains combattants en Syrie : Où se déroulent les recrutements ?

Pour Georges Dallemagne, les mosquées pourraient être le lieu de recrutement des jeunes Belges pour partir combattre en Syrie. Sa proposition sucite l'indignation chez ceux qui y voit une tentative d'associer tous les musulmans au drame de quelques uns.

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Un deuxième Belge, Ahmad Stevenberg, vient de mourir à dans le village d’Al-Ghnaimiye en Syrie, révèle l’agence officielle syrienne Sanaa, aujourd’hui, mardi 2 avril. Au total près de 70 jeunes Belges, d’origine marocaine, mais aussi des convertis, recrutés en Belgique, sont partis combattre en Syrie.

Georges Dallemagne, député du Centre démocrate humaniste (CDH, ancien parti social-chrétien, centre) au parlement fédéral belge, a rencontré la mère de l’un des jeunes Belges qui a quitté la Belgique pour combattre en Syrie. «C’est moins un problème de repère social que de repère moral et elles [les mères des jeunes partis en Syrie, ndlr] nous disent aussi qu’il y a des maisons de jeunes islamiques, des mosquées, qui sont pour ses jeunes des endroits de radicalisation, des endroits de recrutement. Je pense qu’il faut fermer ses endroits s’ils s’avèrent qu’effectivement ce sont des endroits de recrutements», estime-t-il, vendredi 29 mars, sur Bel RTL.

Les mosquées hors de cause ?

« Ceux qui connaissent le dossier savent que ce n’est pas du tout la filière, pour la simple raison que les mosquées radicales sont très surveillées. Les imams ne sont pas concernés ; ce sont d’autres lieux de radicalisation qui sont en cause : des maisons particulières, clandestines, sous la coupe d’activistes salafistes », a objecté Denis Ducarme, également député fédéral mais pour le parti Mouvement Réformateur (MR, centre droit).

Sa déclaration fait écho au propos tenus par, Ahmed El Khanouss, député au parlement bruxellois et échevin à Molenbeek-Saint-Jean, commune de Bruxelles qui regroupe un grand nombre de Belgo-marocains, sur Yabiladi, le 22 mars. «Le fils de la famille que j’ai rencontrée a été conditionné par un mouvement salafiste pur et dur qui a un fonctionnement sectaire. […] Ces recrutements ne se font absolument pas dans les mosquées, mais dans des endroits reculés. A Molenbeek des membres de cette mouvance salafiste jihadiste - il faut appeler un chat un chat - avait aménagée un appartement où elle initiait discrètement les jeunes qui adhéraient à ce groupe.» Il précise que cet appartement a été abandonné.

« Si M. Dallemagne est si sûr de son fait, qu’il transmette donc la liste des mosquées radicales bruxelloises à la ministre CDH de l’Intérieur, Joëlle Milquet, afin qu’elle ordonne leur fermeture… Mais il ne le fera pas, car il fait dans le slogan populiste en ciblant de la sorte les lieux de culte islamiques, et à travers eux, les communautés musulmanes», s’indigne Denis Ducarme.

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