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Grand Angle

Maroc : Une affaire de harcèlement sexuel au cœur d’un bras de fer DIDH-AMDH

Après le communiqué de presse de l’AMDH intitulé «Non aux violations des droits de l'homme au sein de la DIDH», celle-ci a publié une mise au point intitulée «Non à la subversion et à la dissimulation au nom des droits de l'Homme» où elle fustige l’ONG, dans le cadre de cette affaire ayant déjà fait réagir, en février dernier, le CNDH.

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Photo d'illustration. / DR
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Nouveau rebondissement dans l’affaire de harcèlement sexuel au sein de la Délégation interministérielle aux droits de l'Homme (DIDH). Mardi, l’instance dirigée par Ahmed Chaouki Benyoub a publié une mise au point, relayée par la MAP et intitulée «Non à la subversion et à la dissimulation au nom des droits de l'homme». Elle y fustige l’Association marocaine des droits humains (AMHD), qui a publié, il y a quelques jours, un communiqué de presse intitulé «Non aux violations des droits de l'homme au sein de la DIDH».

Pour la DIDH, la sortie de l’ONG «comporte des propos déformant la vérité, entachés de mauvaise foi et ayant un caractère subversif». De plus, les propos contenus dans le communiqué de l'association sont «diffamatoires en cela qu’ils portent atteinte à la dignité des femmes fonctionnaires et aussi à l'image d'un service public, d'autant qu'ils ne s'appuient sur aucune preuve et en conséquence, la DIDH se réserve le droit de recourir à la justice», menace-t-elle.

La délégation rappelle avoir «pris l’initiative» de révéler les cas de quatre femmes fonctionnaires qui se sont déclarées victimes de harcèlement sexuel. «En les recevant, le Délégué interministériel aux Droits de l'Homme leur a exprimé sa forte indignation tout en leur présentant ses excuses avant de les informer de sa décision de saisir le parquet», assure-t-on. La DIDH a «veillé à assurer un suivi direct du dossier, en le présentant une deuxième fois sous la forme d'une plainte déposée au parquet près le tribunal de première instance de Rabat», poursuit la mise au point.

La DIDH «n'a pas hésité à qualifier d'agression l'acte perpétré par le mis en cause qui a réintégré, après avoir été déchargé de ses fonctions à sa demande, son administration d'origine. En conséquence, la DIDH n'assume aucun rôle dans sa promotion ou encore son affectation à une autre administration».  L’instance se défend aussi d’une «quelconque forme d'agression et de représailles» vis-à-vis des victimes ou du bureau syndical, premier lanceur d'alerte sur la commission de faits de harcèlement. L’occasion aussi de pointer un «communiqué entaché de mauvaise intention» et d’accuser l’AMDH de «déformer» les faits et manquer «aux normes convenues dans le domaine des droits de l'homme sur les plans du constat, de la documentation et de la construction des positions».

«Dissimulation des faits» et «représailles»

Jeudi 10 novembre, le bureau central de l’AMDH a publié un communiqué dans lequel il a dit «suivre avec beaucoup d'inquiétude et de colère les détails du scandale du harcèlement sexuel qui a secoué l'opinion nationale et des droits de l'Homme et qui a éclaté au sein de la DIDH». «Les récents développements graves qui ont été révélés au sein de la Délégation suscitent davantage d'inquiétude et de colère quant à l'issue de cette affaire, car le Comité d’enquête administrative, formée en 2020, à la demande de l'ancien ministre d'État en chargé des droits de l'Homme, a constaté des manifestations plus graves de corruption administrative et morale dans la Délégation», poursuit-elle dans son communiqué.

«Cependant, au lieu de prendre des mesures strictes, de réparer les victimes et de traduire les suspects en justice en application du principe de non-impunité, les actes ont été dissimulés tout comme le rapport sous prétexte qu’il a été présenté à la Présidence du Ministère Public. Une enquête dont les résultats n'ont pas été révélés jusqu’à maintenant», accuse-t-elle. L’AMDH affirme qu’en même temps, «le fonctionnaire accusé de ces violations a été promu et nommé au Conseil national des droits de l'Homme» et la DIDH «a lancé, depuis le début du mois d'octobre dernier, une campagne de vengeance contre les employés qui contribué à révéler le scandale du harcèlement sexuel». Des représailles qui auraient touché aussi des membres du bureau syndical affilié à l’UMT.

En février dernier, les révélations de cette affaire avaient fait réagir le CNDH qui s’est défendu de toute responsabilité, renvoyant la balle à la DIDH. «La direction du Conseil n'a pas encore reçu les résultats de l'enquête administrative (menée par la DIDH, ndlr) sur le sujet», a-t-il précisé. Si les faits de cette affaire remontent à 2014, et ont fait l'objet d'une enquête administrative en 2020 par la DIDH, dont les résultats n’ont pas été révélés, le fonctionnaire en question avait rejoint l'administration du CNDH en juillet 2021.

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