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Grand Angle

MRE bloqués à Ceuta : Les associatifs menacent de déposer une plainte contre l’Espagne

Après que des centaines de Marocains résidant à l’étranger ont passé des journées infernales à Ceuta en tentant de traverser sa frontière avec le Maroc, l'Association des amis du peuple marocain en Espagne (ITRAN) a menacé de déposer une plainte contre les autorités espagnoles suite à cet incident. Son président critique aussi les autorités marocaines en la personne du consul général du Maroc à Algésiras.

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Des voitures de MRE bloqués à Ceuta, vendredi et samedi dernier. / DR
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L’Association des amis du peuple marocain en Espagne (ITRAN) établie à Barcelone est montée au créneau, cette semaine, pour dénoncer les incidents du vendredi et samedi à Ceuta. Des centaines de Marocains résidant à l’étranger, qui ont choisi l’enclave espagnole pour rentrer au Maroc, sont restés bloqués dans la ville, sans services ni assistance, pendant de longues heures.

Lundi, l’ONG a annoncé qu’elle déposera une plainte contre les autorités espagnoles, pour les contraindre à prendre leurs responsabilités et présenter des excuses. «Nos avocats travaillent actuellement pour déterminer les responsabilités», nous confie ce mardi Mohamed Alami Soussi, président d’ITRAN. «Nous nous sommes rendus à Algésiras pour parler aux responsables espagnols et soulever les problématiques existantes, qu’ils ont refusé de reconnaître. Même le consul général du Maroc à Algésiras a été alerté», ajoute-t-il.

Deux villes sans infrastructures d’accueil

L’associatif rappelle que les membres de l’ONG se sont aussi rendus à Ceuta et Melilla, où ils ont constaté de leurs «propres yeux l’absence de sanitaires, d’appareils et installations d'hygiène».

«Les autorités locales ont été appelées à mettre en place des infrastructures pour éviter tout cela et elles nous ont assuré qu’elles sont mobilisées pour cet objectif. Toutefois, les MRE ont été alors surpris, le weekend passé. Aucune promesse n’a finalement été tenue. Des personnes ont dû faire leurs besoins dans la nature. On ne peut pas affirmer que tout est prêt pour accueillir les MRE se rendant dans leur pays pour qu’ils souffrent finalement.»

Mohamed Alami Soussi

L’associatif rappelle que «les douanes de Ceuta et Melilla sont petites» et qu’il «n’y a pas non plus d’espace pour les agrandir». «Pourquoi les autorités espagnoles ont-elles donc laissé ces MRE transiter par les deux villes alors qu’elles savaient qu’elles ne pouvaient pas supporter cette pression ?» s’interroge-t-il.

Une question qui sera notamment soulevée demain, lors d’une réunion en vidéoconférence entre les membres de l’ONG et les autorités espagnoles. Mais si l’Espagne a vite réagi aux doléances des MRE portées par ITRAN, celle-ci déplore l’absence de réaction de la part des autorités marocaines. «Nous avons saisi l’ambassade du Maroc et le Consulat du Maroc à Algésiras pour les inviter à soulever cette question avec les autorités espagnoles et éviter que ce genre de situation ne se reproduise. Malheureusement, personne ne nous écoute», dénonce Mohamed Alami Soussi.

La flambée des prix et la passivité des autorités marocaines pointées du doigt

Celui-ci appelle «les consulats du Maroc sur place pour qu’ils fassent leur travail et se rendent sur le terrain pour vérifier si tout est bien préparé pour accueillir les MRE qui se rendent au Maroc en transitant par l’Espagne». «Il y a eu 35 Marocains blessés lors d’un accident de la circulation. Certains ont été hospitalisés tandis que d’autres ont continué leur route vers le Maroc tout en étant blessés. Le consulat du Maroc devait être sur place pour informer les Marocains et les orienter pour déposer plainte, vu qu’ils sont assurés», critique-t-il avant d’appeler à une intervention du Roi Mohammed VI, comme en 2016.

Pour l’associatif, le problème est surtout lié aux bateaux et ferries opérant en Méditerranée. «Le prix du billet d’un bateau entre Tanger et Algésiras a atteint, ces deux derniers jours, 800 euros soit 300 euros de plus. En revanche, pour les ferries à destination de Ceuta, les autorités espagnoles les subventionnent et sont donc 150 à 200 euros moins chers. Même lorsque nous conseillons les gens de ne pas se rendre à Ceuta, personne ne nous écoute», déplore-t-il encore.

Son ONG a proposé de «suspendre le trafic vers les deux villes depuis Algésiras dès que les premiers signes d’une congestion commence à apparaître». «Nous avons donc proposé, dans ce cas, de ne laisser que les personnes établies à Ceuta et Melilla ou ceux qui s’y rendent pour la journée effectuer la traversée. L’objectif étant d’éviter que nos MRE souffrent et attendent plusieurs longues heures sous le soleil dans de longues files d’attente», explique-t-il.

Vendredi et samedi, des Marocains résidant à l’étranger ont vécu une journée infernale, après avoir choisi de rentrer au pays via Ceuta. Ils ont ainsi été bloqués dans l’enclave espagnole pendant plusieurs heures. Un certain nombre d'enfants et de personnes âgées ont dû attendre sous le soleil, sans eau ni nourriture suffisantes. La police a fini par intervenir, en autorisant les voitures à partir vers la frontière après que les MRE aient manifesté pour exprimer leur mécontentement.

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