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Grand Angle

«Le gazoduc Maroc-Nigéria est compliqué», estime le ministre algérien de l’Energie

Après avoir dressé, dans des déclarations à un média allemand, un réquisitoire contre le gazoduc Maroc-Nigéria, le ministre algérien de l’Energie a fini par reconnaître que le projet du pipeline transsaharien n’a même pas encore entamé la phase des études techniques.

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Le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab. / Ph. Fateh Guidoum - PP Agency
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Abuja a accueilli, lundi 20 juin, une réunion tripartite des acteurs étatiques dans le tour de table du projet du gazoduc transsaharien (TSGP), à savoir le Nigéria, le Niger et l’Algérie. A la veille de son départ vers la capitale nigériane, le ministre algérien de l’Energie, Mohamed Arkab s’est offert une tribune au média allemand Der Spiegel pour décocher exclusivement des flèches en direction du chantier du gazoduc Maroc-Nigéria.

«Notre pipeline est plus sûr et il est économiquement viable. Tandis que l’autre oléoduc (Nigéria-Maroc), qui traverserait 12 pays sur une distance de plus de 6 000 km, dont une partie traverserait l'Atlantique, est plus compliqué», a-t-il souligné. «Son financement n'est pas clair non plus. En revanche, l’Algérie a les moyens et est disposée à financer une grande partie du gazoduc transsaharien», s’est-il vanté dans des déclarations au journal allemand.

Le responsable algérien a ajouté que «de nombreuses infrastructures ont déjà été créées en Algérie». «Le gazoduc peut être achevé en trois ans et nous pouvons transporter 20 à 30 milliards de mètres cubes de gaz depuis le Nigéria», a-t-il enchaîné.

Les études techniques du Transsaharien n’ont même pas commencé

Dans son réquisitoire, Mohamed Arkab s’est gardé de répondre à une question relative à l’intérêt que porte les pays européens au projet maroco-nigérian pour ne pas dépendre uniquement de l’Algérie. Preuve en est la réunion, du 1er juin à Madrid, entre le président du Nigéria, Muhammadu Buhari et le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez.

Vingt-quatre après son interview accordée à Der Spiegel, le ministre algérien de l’Energie a opéré une révision de ses annonces. La réunion tripartite d’Abuja a «permis de poser les premiers jalons de ce projet, à travers l'entame des études techniques, en prévision de sa concrétisation sur le terrain dans les plus brefs délais», a-t-il précisé dans une déclaration rapportée hier soir par l’APS. «Il a été convenu également de la poursuite des concertations par le biais de l'équipe technique, formée lors de cette réunion et chargée d'élaborer toutes les clauses, ainsi que les études techniques et financières et les études de faisabilité relatives à la concrétisation du TSGP», ajoute le ministre.

En revanche, du côté du gazoduc Nigéria-Maroc, des avancées ont été réalisées pour son exécution. La société d'ingénierie australienne WorleyParsons a indiqué, fin avril, que Rabat et Abuja lui ont attribué le contrat de mener les études techniques préliminaires du projet devant relier les deux pays par voie maritime. Six semaines plus tard, c’est au tour du ministre nigérian des Ressources pétrolières, Timipre Sylva, d’annoncer que le Conseil exécutif fédéral (FEC), une autorité gouvernementale présidée par le chef de l’Etat, Muhammadu Buhari, a donné son feu vert à la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) pour conclure un accord avec la CEDEAO pour la réalisation du projet de gazoduc.

Le projet maroco-nigérian était, par ailleurs, présent dans le message du lundi 20 juin du roi Mohammed VI, adressé aux participants à la Conférence de lancement du Forum africain des investisseurs souverains (ASIF). Il y a une dizaine de jours, le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a souligné que le chantier du pipeline Maroc-Nigéria «sera un modèle d'intégration régionale et changera les caractéristiques de l'Afrique atlantique».

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