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Breve

Affaire Ben Barka : Le juge Patrick Ramaël attaqué pour diffamation

Publié
Le palais de justice de Paris / Ph. Maxppp
Temps de lecture: 2'

L’ancien juge d’instruction en charge de l’affaire Mehdi Ben Barka, Patrick Ramaël, fait l’objet d’une plainte à la 17e chambre de la Cour d’appel de Paris, de la part des suspects principaux dans l’enlèvement et la disparition de l’ancien leader de gauche marocaine, depuis le 29 octobre 1965. L’ex-magistrat, qui a tenu le dossier pendant dix ans, est attaqué «pour violation du secret de l’instruction» depuis le 19 mai, a rapporté vendredi France Inter.

Ex-fonctionnaire marocain, Miloud Tounzi est derrière cette nouvelle plainte. Il est qualifié par le juge Ramaël à la barre de «retraité du crime au service de l’Etat marocain». «Tout le monde sait que Miloud Tounzi se cachait sous son nom d’agent, Larbi Chtouki, condamné par contumace à la perpétuité en 1967. C’est bien Tounzi qui a dirigé le commando qui a enlevé, torturé et fait disparaitre le corps de Medhi Ben Barka», insiste l’ancien magistrat, cité par la même source.

Celle-ci ajoute que les deux avocats français et marocain de la partie civile évoquent les passages d’un livre de Patrick Ramaël, publié en 2015, faisant le lien entre Tounzy et Chtouki. Pour eux, «le juge n’aurait jamais eu aucune preuve, aucun indice grave et concordant lors de son instruction». France Inter rappelle que cette histoire «a pourtant été documentée dans de nombreux articles de presse depuis des décennies», sans jamais être attaqués en justice. Selon l’avocat de Ramaël, ce dernier n’avait plus le dossier en 2015. Dans son livre, «il n’a fait que citer justement un article de presse marocain, jamais attaqué en justice lui non plus». L’article «fait référence à des aveux de Miloud Tounzi» devant l’Instance équité et réconciliation (IER), rappelle la même source.

Pour sa part, l’avocat français de Miloud Tounzi argue que «cette audition n’a jamais eu lieu». «Mon client a tenté de récupérer ce rapport mais il y a eu refus des autorités marocaines», rétorque le représentant de Patrick Ramaël. En effet, ce dernier rappelle avoir lancé des mandats d’arrêt en 2007 contre plusieurs suspects marocains pouvant être impliqués dans la disparition de Mehdi Ben Barka», après avoir eu accès à des «indices graves et concordants».

Patrick Ramaël estime qu’une autre raison l’aurait conduit en justice, à savoir un voyage au Maroc maintenu malgré l’annulation de sa mission dans l’affaire Ben Barka. Dans le royaume, le magistrat a pu prendre les coordonnées GPS du site de l’ancien centre de détention secrète PF3 à Rabat, près duquel la tête de Mehdi Ben Barka aurait été enterrée. L’affaire en appel, après une relaxe en première instance, sera délibérée le 23 juin prochain.

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