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Grand Angle  

Les médias algériens dégonflent l’OMSAC, la baudruche anti-Maroc et anti-CAF

Au lendemain du verdict de la FIFA, anéantissant tout espoir de rejouer le match contre le Cameroun dans le cadre des éliminations de la Coupe du monde 2022, les journalistes et les fans des Fennecs se sont réveillés avec la gueule de bois, dénoncant désormais le bluff de Mourad Mazar.

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L'Algérien Mourad Mazar, fondateur l’Organisation mondiale de sécurité anti-corruption (OMSAC). / DR
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Bien qu’elle ne soit qu’une coquille vide, les médias algériens, y compris l'agence de presse officielle du pays, avaient l’habitude de citer sans relâche l’Organisation mondiale de sécurité anti-corruption (OMSAC) pour donner un caractère international aux accusations algériennes contre le Maroc. Toutefois, depuis quelques jours, cette organisation et son président Mourad Mazar sont devenus la risée des Algériens sur les réseaux sociaux.

Malgré notre enquête sur l’OMSAC, en avril dernier, les médias algériens ont continué d’inviter et de croire aux sornettes de cette instance et de son président, notamment le «lourd dossier» déposé auprès de la FIFA, selon les dires de Mourad Mazar. En effet, avant la réponse de la Fédération internationale de football association (FIFA) à l'Algérie concernant la plainte déposée contre l'arbitre Bakary Gassama, qui a dirigé le match de l'équipe nationale algérienne contre le Cameroun, la chaîne algérienne El Bilad TV a accueilli, fin avril, Mourad Mazar, en sa qualité de président de l'OMSAC.

Mourad Mazar, l’OMSAC et le dossier qui allait «faire trembler le monde !»

«Je vous promets que le droit de l’Algérie ne sera pas perdu et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour une décision en faveur de l’Algérie», a-t-il assuré. «Je ne peux pas divulguer les preuves pour le moment parce que c’est un problème sérieux. Si Djamel Belmadi (sélectionneur de l'équipe d'Algérie, ndlr) est si confiant, c’est parce qu’il a une source qui lui divulgue des détails concernant le recours», a-t-il enchaîné, avant d’assurer que «le dossier de l’équipe d’Algérie va faire trembler le monde !». D'un ton confiant, Mourad Mazar a même appelé les Algériens à «passer la fête (Aïd el Fitr, ndlr) tranquillement en mangeant du Makrout», leur promettant que «le droit de l'Algérie ne sera pas perdu».

Afin de rassurer les Algériens, qui n’arrivent toujours pas à gober leur élimination pour les qualifications de la Coupe du monde, il a avancé qu’il serait «à l'origine de la destitution d'Issa Hayatou de la présidence de la Confédération africaine de football» et qu'il serait celui qui a «dénoncé la corruption de l'ancien président de la FIFA, Joseph Blatter, et le renvoyer de la présidence, bien qu'il soit son ami». Des déclarations reprises sans modération par la presse algérienne, qui les a présentées comme un espoir pour rejouer ce match, qualifié de «scandale», tout en évoquant la «fin» de la «corruption» au sein de la FIFA et la CAF.

Début mai pourtant, la FIFA a débouté l’Algérie, refusant sa demande de rejouer son match retour contre le Cameroun et anéantissant les espoirs des supporters des Fennecs de revoir leur sélection au Mondial. Son verdict, confirmant que les décisions de l’arbitre gambien Bakary Gassama lors dudit match ont été prises en concertation avec ses homologues au VAR et selon les règles du jeu, mettra ainsi fin à une longue série de polémiques, de faux espoirs et de manipulation des sentiments des millions de supporters algériens.

Un réveil avec la gueule de bois

Devant l'ampleur du choc, les Algériens se sont tournés vers Mourad Mazar pour lui «faire bouffer du Makrout». Dans l’une de ses émissions, Ennahar TV l’a contacté pour s’expliquer sur le sujet. Pris au piège, il n'a pu formuler aucune réponse censée, se contentant de crier et distribuer des accusations avant de raccrocher.

Sur la même chaîne, le journaliste d'El Khabar Réda Abbas a finalement mis en doute l'existence de l’OMSAC et la crédibilité de son président, comme notre enquête l'avait démontré. Il a dénoncé l'hubris de Mourad Mazar qui faisait sa propre promotion, se targuant de son influence sur de hauts responsables dans divers pays et organisations.

Les Algériens ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Certains sont allés fouiller dans le passé de l'homme sur les réseaux sociaux, pour découvrir qu'il les trompait pour démontrer la prémeditation de la corruption lors du match et sa connaissance de ce qui se passait dans les couloirs de la FIFA et de la CAF, en modifiant des posts déjà publiés sur son compte. Mourad Mazar changeait le contenu de ses messages publiés il y a des semaines sur Facebook, puis faisait des déclarations où il appelait les Algériens à consulter ses messages précédents (récemment modifiés) pour affirmer qu’il savait que l'équipe allait être éliminée «suite à la corruption de la CAF».

Devant la force des preuves que les médias algériens ont relayées, Mazar a supprimé son compte sur Facebook, et a disparu des écrans des chaînes algériennes. Après avoir été le porte-parole de la propagande algérienne, notamment en ce qui concerne les attaques contre le Maroc et le soutien au Front Polisario, Mourad Mazar est tombé en disgrâce, tout comme son organisation fictive.

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