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France : Gesticulations à Grenoble autour du «burkini», autorisé à Rennes depuis 2018

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Image d'illustration. / DR
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Avec le retour du sempiternel débat sur le «burkini», ravivé par son autorisation lundi dans les piscines de la ville de Grenoble, la maire de Rennes, Nathalie Appéré a dénoncé l’instrumentalisation de la question. En effet, depuis 2018, la ville de Rennes, dirigée par la maire socialiste, n’interdit pas au nom de la liberté vestimentaire le port du burkini. En pratique, «cela ne pose aucune difficulté», insiste-t-elle.

«C’est l’État qui est laïc, pas le citoyen», tient à rappeler Nathalie Appéré, plongeant au secours du maire de Grenoble, Eric Piolle (EE-LV). La laïcité préconise la neutralité des acteurs publics et «n’empêche personne de porter des signes religieux dans l’espace public», souligne aussi Eric Piolle.

Nathalie Appéré a ajouté que la question est d’ailleurs absurde, car dans les piscines, «les seules règles qui prévalent sont l’hygiène et la sécurité», et la laïcité n’y a pas sa place. «Ceux qui ont intérêt à hystériser et instrumentaliser ce débat sont totalement ignorants de la tradition juridique autant que la lettre du droit français», a-t-elle déclaré, alors que Laurent Wauquiez, président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a annoncé l’arrêt des financements de la région à Grenoble, tandis que le préfet de l’Isère a saisi le tribunal administratif pour empêcher cette autorisation du burkini.

«Il y a quelques femmes en burkini qui fréquentent les piscines municipales (de Rennes), comme il y a d’ailleurs quelques triathlètes et des plongeurs sous-marins avec des maillots de bain intégral», a-t-elle insisté par ailleurs, coupant court aux polémiques stériles sur la question.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin s’est, lui aussi, mêlé à la polémique estivale, qualifiant l’autorisation à Grenoble d'«inacceptable provocation communautaire, contraire à nos valeurs». Le maire de Grenoble lui a rapidement répondu en lui demandant de «relire la loi de 1905, plutôt que de la tordre».

Il a aussi rappelé au ministre la position du département sous son prédécesseur qui, en 2018, avait souligné devant le Sénat que «le port du "burkini" par des femmes fréquentant un espace public tel qu'une piscine municipale, s'il constitue effectivement une manifestation de leur religion, ne peut faire l'objet d'une interdiction générale et absolue». Seul un trouble à l'ordre public pourrait le justifier, encore faut-il que ses détracteurs puissent le démontrer.

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