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Grand Angle  

Cinéma : Une fenêtre sur court-métrage à Sidi Moumen

Le cinéaste Wadii Charrad a été l’invité du deuxième rendez-vous de cycle de courts-métrages, au centre culturel Les Etoiles de Sidi Moumen. Organisé chaque jeudi du mois de ramadan, ce rendez-vous de projection-débat permet aux jeunes en formation de découvrir des travaux de professionnels et d’échanger avec les auteurs.

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Yoon (2019), un court-métrage de Wadii Charrad
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«Yoon» et «Comme un 14 février» ont été à l’affiche, jeudi 14 avril, au centre culturel Les Etoiles de Sidi Moumen. Ecrits et réalisés par Wadii Charrad, ces deux courts-métrages font partie d’une trilogie que le cinéaste consacre à différentes questions du couple, dans un langage universel. «J’ai voulu faire cette trilogie pour aborder à chaque fois une problématique liée à la vie à deux, en voyant comment la dynamique s’opère entre les partenaires», a-t-il déclaré à Yabiladi. Lors de la dernière édition du Festival national du film de Tanger, organisée en mars 2020, «Yoon» a reçu le Grand prix dans sa catégorie.

Ecrit et réalisé en Corée du Sud dans le cadre d’une résidence artistique, ce dernier court-métrage confirme la rigueur souhaitée par son réalisateur dans l’esthétique et l’image et dans le jeu d’acteur, qui donne plus de valeur aux silences. Il questionne la façon de vivre des couples à l’époque des smartphones, lesquels «créent encore plus aujourd’hui un climat de solitude et de non-communicabilité», explique Wadii Charrad. Le premier court-métrage, «Comme un 14 février», propose une perception de la Saint-Valentin et questionne «la capacité de raviver la flamme chez les couples déjà établis».

Entre ces deux opus, le cinéaste a réalisé un autre film court sur «la vie à deux lorsqu’on n’a pas encore enterré une relation d’avant, comment cela s’incarne dans la vie». Il explique les raisons de son choix pour cette thématique :

«Ces idées me sont venues à mon retour au Maroc, après mes études en cinéma en Belgique. J’ai vu qu’il y avait beaucoup de problèmes de couple, surtout dans notre génération. Le taux de divorce a augmenté de manière exponentielle et on ne voyait pas cela avant. Ce sont pour moi des sujets sur lesquels nous devons travailler, car on ne parle pas assez de l’amour, des relations intimes et des problématiques qui leur sont liées.»

Wadii Charrad

Pour le réalisateur, «ce sont aussi des thématiques universelles travaillées de manière à ce qu’on n’ait pas besoin forcément de comprendre la langue parlée par les personnages pour capter leurs émotions et pour que leurs situations fassent sens chez le spectateur». «Ce sont des situations vécues partout dans le monde ; les sociétés suivent à peu près le même canevas, donc on interroge ici les représentations que se font les gens abstraction faite des différences culturelles et à partir de nos points communs que sont les émotions : la tristesse, l’ennui, la joie…», ajoute-t-il. En préparation, le premier long-métrage de Wadii Charrad est consacré également à un autre aspect de la vie à deux, en lien cette fois-ci avec la question de l’enfantement.

Montrer des courts-métrages de professionnels hors les murs des festivals

Les deux courts-métrages de Wadii Charrad ont été projetés et débattus en sa présence avec les jeunes du Centre culturel Les Etoiles de Sidi Moumen, dans le cadre d’une programmation spéciale consacrée aux films courts, chaque jeudi durant le mois de ramadan. Pour la première fois depuis le début de la crise sanitaire liée au nouveau coronavirus en 2020, ce cycle de cinéma fait enfin son grand retour, dans sa troisième édition.

Responsable du pôle théâtre et improvisation à la Fondation Ali Zaoua, comédien et acteur, Ismail El Fallahi indique à Yabiladi que «c’est une occasion pour les jeunes réalisateurs de montrer leurs œuvres, surtout leurs courts-métrages, afin que les jeunes du centre qui suivent des cours de théâtre ou d’autres disciplines artistiques découvrent différentes façons de faire et échangent avec des cinéastes professionnels, qui n’ont pas une grande différence d’âge avec eux, afin de leur montrer que même jeunes, ils peuvent faire des choses comme ces artistes-là».

«Nous avons choisi les courts-métrages parce que nous ne les voyons que rarement à la télévision et dans les salles de cinéma. Ils sont souvent réduits à la programmation des festivals et si les jeunes du centre n’ont pas accès à ces événements ponctuels, il est difficile pour eux de voir des courts-métrages et de rencontrer leurs auteurs à la fois.»

Ismail El Fallahi

Cette programmation constitue ainsi «une occasion pour les réalisateurs invités de montrer ces courts-métrages là et de leur donner une visibilité en dehors des circuits de festivals», ajoute le formateur. La rencontre permet aussi de «débattre sur les contenus des films, leurs aspects techniques et scénaristiques». «A part les jeunes, des personnes plus âgées assistent aux projections et l’échange entre ces profils variés avec les réalisateurs est intéressant. Avec la réouverture des salles de spectacle et de projection, nous avons décidé ce ramadan de relancer cette programmation, mais avec l’ambition de prolonger l’activité même au-delà de ce mois», conclut Ismail El Fallahi.

Article modifié le 15/04/2022 à 16h07

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