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Environnement Publié

Maroc : Les moutons dévastent le Djebel Ayachi, patrimoine de l'humanité

Michel Tarrier, republie un texte extrait de ses «Carnets de voyages naturalistes au Maroc» qui remonte à une vingtaine d'année à propos de la disparition progressive sous les machoires des moutons du Djebel Ayachi. «Des derniers indices de vies végétales et animales rapportés, il ne reste maintenant plus rien. Pour être prophète, il suffit d'être pessimiste. Alors, je suis prophète en la matière et, grosso modo, tout doit disparaître, tout va disparaître, l'Ayachi et les autres. Vous voulez des parkings d'hypermarchés, vous aurez des parkings d'hypermarchés», conclut cet «agitateur»

Temps de lecture: 4'
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 Plus de 100 millions d’herbivores «comestibles» (moutons, chèvres, vaches, dromadaires…) ravagent les sols et les écosystèmes du Maroc, avec, semble-t-il, la bénédiction des autorités et des gestionnaires. L’entièreté du pays, par ailleurs plus fragile que d’autres puisque de nature semi-aride en majorité, est l’objet d’un véritable «dépeçage» de ses paysages et de son Vivant par la pression d’un surpâturage à nul autre pareil. On le sait, on le répète, mais c’est pire chaque saison.

Un exemple parmi d’autres est celui que vient de vivre le magnifique Djebel Ayachi qui culmine à 3757 m dans le Haut Atlas oriental. Au fil de ces dernières années, le massif a perdu la totalité de sa couverture végétale et ne montre plus qu’un sol dénudé, scalpé, squelettique. Effrayant, effarant, irréversible.

Les derniers lambeaux de la précieuse cédraie sont moribonds, les genévriers thurifères vétérans sont écimés jusqu’au trognon, la chênaie verte est ravagée, décapitée, abroutie, l’ancien cortège botanique si riche et varié n’est plus, c’est tout le paysage qui dépérit à force d’abus d’usage. Le sol désormais pulvérulent, où plus rien ne pousse et ne poussera plus jamais part en poussière au moindre vent ou se retrouve dramatiquement lessivé lors des pluies. Voici ce qu’il reste d’un manteau forestier que le premier découvreur, le Marquis de Segonzac, décrivait comme luxuriant et infranchissable en 1905, soit à peine plus d’un siècle !

Quant à la faune climacique (lion, panthère, magot, mouflon, gazelle et même antilope bubale !!) et la faunule endémique (innombrables papillons à valeur biopatrimoniale), il ne reste rien. Toutes les espèces sauvages ont été décimées, victimes de la destruction de leur niche écologique, d’éviction, quand ce n’est pas de persécution imbécile et impitoyable.

Tous sont responsables, du berger au garde forestier, mais sont surtout coupables les propriétaires absents, ces impérieux bourgeois des grandes villes qui confient des effectifs surnuméraires de moutons (oviculture de rente) à des bergers locaux et dont ils profitent des droits séculiers d’usage normalement limités à la charge modeste de troupeaux familiaux. De tels droits devraient être caduques s’ils ne profitaient pas, et ce sans la moindre traçabilité, à des gens bien placés pour réaliser de gros bénéfices sur le dos de la misère et de l’ignorance, et au détriment de ressources légitimes.

Et les pseudo reboisements, les soi-disant périmètres en défens ne sont que des effets d’annonce. L’intitulé de l’administration en charge d’écosystèmes qui ne sont plus que des fabriques de moutons est à revoir : Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la... «la lutte contre la désertification» ne correspond absolument plus à l’objectif qui se révèle inverse à la promesse. Et ce n'est pas la faute de cette administration si le challenge est maintenant perdu d'avance puisqu'elle rencontre une adversité tous azimuts dans ses velléités d'inverser les tendances. Souvenons-nous qu'il n'y a pas si longtemps, le dit intitulé portait encore la formule prometteuse de «conservation des sols»... De quels sols parlent-on désormais ? Il fallut renoncer et se résigner, les sols ne seront pas conservés, ils sont biologiquement morts, on fera ce qu'on peut avec une désertification admise et qui ne semble inquiéter que quelques hurluberlus dans mon genre. Si tel est le désir d'une Société qui découvre une démocratie... qui aurait pour finalité de ronger l'avenir, soit ! D'autres pays ont vécu cela, on ne s'inquiète même plus des biocénoses disparues depuis si longtemps dans nos vieilles démocraties européennes démagogues et sans vergogne...

 C'est décevant, mais c'est ainsi.

 Et pour parler de cette montagne de l’Ayachi, qui sont ces éleveurs de la tribu des Aït-Morrhad qui ont investi la contrée pour en détruire les espaces et les espèces ? Il s’agit de piètres dévastateurs, par ailleurs connus pour leur immense cruauté envers les animaux. De quel laxisme profitent-ils pour pouvoir ainsi se comporter en hors-la-loi ? Sont-ils, eux-aussi, de ces monothéiste qui font des enfants pour les déposséder, les déshériter, leur dérober tout avenir ? Ou s'agit-il tout prosaïquement de pauvres idiots munis d'un droit de vote comportant un blanc-seing porteur de néantisation ?

 Ah ! la viande, la viande, la viande… ! Mangez-en donc tous les jours, encore et encore, jusqu’à en crever vous-même et déposséder les générations futures du moindre reste de Nature ! La Nature, quoi qu’en pensent les imbéciles, n’est pas une ressource renouvelable. Seuls les végétariens, voire les végétaliens peuvent désormais se regarder dans l'eau plus trop claire des derniers lacs. Je tente d'en faire autant, mais le reflet me renvoie encore l'image d'un ex-viandard dont j'ai grande honte. Un peu d'efforts, Monsieur, vous n'êtes pas zoophage, il y a des fruits (pesticidés) dans la Vallée du Souss ! 

Protéger la Nature passe par la colère, une «bienveillante» dictature (un peu comme le code de la route, non ?) et un certain végétarisme. Mais à l’heure d’un écologisme de pacotille parce qu’électoraliste, bonne conscience d’un système corrompu, on ne sait plus rien de l’écologie. Nous vivons dans l’éco-inconscience. Pour le fric, le fric, le fric, LE FRIC !!

 Il existe, sur les routes des Atlas, quelques auberges aux enseignes évocatrices d’un paradis perdu : «Auberge du dernier lion de l’Atlas», «… de la dernière panthère», «… du dernier singe magot». Annoncera-t-on les prochaines ouvertures de gîtes ruraux (c’est tendance…) aux appellations probabilistes : «… du dernier cèdre», «… du dernier mouton», «… du dernier touriste», «… du dernier con», «… du dernier homme» ?!!

Visiter le site de l'auteur: http://unautreregardsurlemondetarrier.wordpress.com/

Tribune

Michel Tarrier
Entomologiste, se définit comme ecosophe
Michel Tarrier
lisez aussi l'alerte de Michel Tarrier sur les singes Magot de l'Atlas et réagissez !
Auteur : constructif
Date : le 25 septembre 2012 à 10h06
dans un premier temps, voici l'article -Alerte sur les conditions de vie des singes magots :

http://www.yabiladi.com/articles/details/12909/maroc-singes-magot-d-azrou-meurent.html


voici maintenant ma réaction : >Merci à Mohamed Benata et à Amir pour leur intervention sur le sujet des magots.




Bonjour, oui je rends Hommage à Michel Tarrier et je réponds par la même occasion dans le calme et par un dialogue constructif à Mohamed Benata, et à Amir, je les remercie aussi pour leur interventions.
L'Alerte de Michel Tarrier est justifiée, et les sources de l'Atlas ne permettent pas aux singes d'atteindre l'eau.
A causes des visiteurs marocains essentiellement, ces singes ne se déplacent plus au loin chercher l'eau ou à manger, ils se contentent de manger les sucreries que ces Marocains leur donnent pour le plaisir de les approcher et dans l'ignorance totale de la dépendance que ces Marocains créent !
j'ai parlé avec une équipe de Chercheurs installés depuis 2 à 3 ans dans la forêt, organisée en roulement tous les 6 mois, ils m'ont expliqué et donné oralement le résultat de l'étude qu'ils mènent sur nos singes, l'obésité et le diabète dont souffrent les singes viennent essentiellement de ces cacahuètes donnés par les visiteurs. ces chercheurs canadiens Français et autres, m'ont expliqué que la population des singes magots est passé de 15 000 à 4500 magots en l'espace de quelques années et que l'extinction de cette espèce est en bonne voie, surtout si on se contente de dire qu'il faut les laisser en paix sans proposer aucune alternative à la dépendance dans la quelle ces singes vivent.
Non, il ne faut pas juste être contre les propositions et les alertes. il faut sauver nos singes en nous mettant à table avec Michel Tarrier, avec Mohamed Benata, avec Amir, et avec tous les marocains. il ne faut pas perdre notre énergie à trouver une solution, elles sont déjà là, il suffit de les assimiler et de les appliquer.
Je demande donc aussi bien à Mohamed Benata, à Amir, ainsi qu'à tous les marocains d'aller dans le sens de la protection de nos singes et de soutenir Michel Tarrier qui peut peser de son poids sur les pouvoirs publiques Marocains pour faire appliquer la loi et dresser les amendes pour tout visiteur en infraction, IL NE FAUT PAS DONNER à MANGER AUX SINGES, il faut aussi appliquer les recommandations de ces chercheurs que l'Europe finance pour sauver cet espèce et leur permettre de vivre une vie naturelle, un parc dans la cédraie assez grand et fermé sous surveillance serait-il la solution ?

Ps : lisez aussi l'intervention de Michel Tarrier sur le problème de Jbel Ayachi ! Et passez à l'action pour soutenir son courage et son rôle d'alerter les marocains sur les dangers et sur la protection de notre environnement. Merci Michel Tarrier.
Voici l’article : http://www.yabiladi.com/articles/details/12483/maroc-moutons-devastent-djebel-ayachi.html
Les méchants moutons ...
Auteur : marocainedesPO
Date : le 26 août 2012 à 21h11
Pour les punir de "dévaster les montagnes" et bien faut les condamner à mort pendant l"Aid el kebir , voilà ça sera régler... Vous voulez que les herbivores mangent quoi ? Comme nos voisins européens, faites les engraisser avec des farines animales ou autres saloperies qui ont des conséquences beaucoup plus désastreuses que le soit disant ravage des sols. Ce qui est décevant c'est cette tribune qui rend responsables les fermiers qui élèvent de façon naturels leur animaux. En ville, les moutons se nourrissent dans des amas de détritus et là personne ne fait de tribune pour dénoncer cela ....
Dernière modification le 26/08/2012 21:12
Où se trouve Jebel Ayachi?
Auteur : Le vrai de vrai
Date : le 23 août 2012 à 14h19
La Montagne de Jebel Ayachi

Coordonnées géographiques de latitude:

32.4772222 et la longitude:-4.93.
Jebel Ayachi Montagne est situé au Maroc, Region de Meknes-Tafilalet .

L'altitude (La hauteur) de la montagne de Jebel Ayachi est 3747 mètres
Il est le 3386. plus haute montagne de 106.826 montagnes.
Dernière modification le 23/08/2012 14:24
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