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Grand Angle

Diaspo #224 : Chadia A. Ouqassou, Amazighen et l’huile de figue de barbarie aux Etats-Unis

Chadia Ouqassou fait partie des jeunes entrepreneurs ayant réussi à transformer une simple routine en business. Après avoir lancé un premier produit cosmétique en Floride à base d’huile de figue de barbarie, elle s’apprête à doter sa marque, Amazighen, d’une gamme complète de produits de soins pour les cheveux.

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Chadia A. Ouqassou a lancé, en 2019, Amazighen, un soin à base d'huile de figue de barbarie. / DR
Temps de lecture: 3'

D’origine amazighe, Chadia Ali Ouqassou a appris depuis toute petite à prendre elle-même soin de ses cheveux. Un savoir-faire qu’elle a transporté avec elle aux Etats-Unis, où elle a l’habitude d’appliquer des soins profonds, à base d’huile de figue de barbarie et d’amande douce, pour ses cheveux. Aujourd’hui, ce mélange qu’elle a su transformer en produit, sous la marque Amazighen, rencontre un franc succès aux Etats-Unis et notamment en Floride.

Née en 1992 à Dakhla, dans le Sahara marocain, d’un père gouverneur, cette jeune femme a «vécu un peu partout au Maroc, car sa famille déménageait presque tous les quatre ans. De Marrakech à Tanger, en passant par Khouribga, c’est par exemple à Chefchaouen où elle décroche son baccalauréat. Ce parcours est marqué par un premier voyage aux Etats-Unis, dans le cadre d’un échange, qui lui permet de découvrir la Floride et la Californie.

Une routine derrière le lancement d'Amazighen 

Après une formation couronnée de succès à l’Université Al Akhawayn et un double-diplôme en finances et logistique en poche, Chadia A. Ouqassou s’installe aux Etats-Unis pour un MBA à Miami en gestion de la chaîne logistique. C’est notamment grâce à sa mère, qui l’a accompagnée pendant les premières semaines et une «forte communauté marocaine» que son intégration se passe de la meilleure manière possible.

Après son MBA, la Marocaine a eu l’occasion de travailler dans différentes entreprises américaines, notamment un laboratoire pharmaceutique. Une expérience enrichissante mais qui ne l'emballe pas vraiment. En 2019, Chadia A. Ouqassou réfléchit à lancer un produit cosmétique. «J’ai de beaux cheveux et les filles m’interpellent pour demander s’il s’agit d’extensions ou ce que j’utilise comme soins. En m’installant aux Etats-Unis, j’ai poursuivi ma routine qui consiste à mélanger l’huile de figue de barbarie avec celle d’amande douce pour les cheveux», nous explique-t-elle.

«Je me suis retrouvée par la suite en train de conseiller les femmes à se procurer cette huile organique et bio pour obtenir un résultat incroyable. En 2019, j’ai donc lancé un produit et commencer par un packaging simple. J’ai décroché un contrat avec les supermarchés Publix.»

Chadia Ouqassou

La jeune entrepreneure indique que «le packaging initial était importé en gros de Chine pour être assemblé», aux Etats-Unis, tandis que l’huile de figue de barbarie est importée du Maroc, grâce à un partenariat avec Riad des arômes à Marrakech, un laboratoire marocain spécialisé dans la production cosmétique. «J’ai un dépôt ici où travaillent quatre collaborateurs pour mélanger 20% d’huile de figue de barbarie et 80% d’huile d’amande douce pour fabriquer le produit final», détaille-t-elle, en notant que ces proportions s’expliquent par la volonté de maintenir le produit à un prix accessible et le fait que «l’huile de figue de barbarie coûte très chère».

Une nouvelle gamme et un packaging pour un produit 100% marocain 

Quant à la vente, Amazighen est présente sur Amazon, les sites d’e-commerce ainsi que dans un salon de coiffure et deux SPA par le biais de stands. La marque doit notamment beaucoup à la pandémie du nouveau coronavirus. Selon Chadia, «les ventes ont sensiblement augmenté notamment via les plateformes d’e-commerce», pendant cette période.

«J’ai aussi eu la chance de collaborer avec trois influenceuses à Miami qui ont beaucoup de followers. A Miami, l’huile d’argan est connue en tant que produit du Maroc contrairement à celle de figue de barbarie. Les reviews étaient dingues, car les clients ont beaucoup apprécié mon produit, étant au final une huile légère. Je pensais que ça allait me prendre des années pour percer. Nous avons bien vendu pour les fêtes de Noël de l’année dernière.»

Chadia Ouqassou

L’aventure n’a toutefois pas été facile, puisque la Marocaine a dû faire face à quelques défis. «Le premier packaging reçu de la Chine n’était pas adapté et j’ai dû refaire une deuxième commande. De plus, elle a mis du temps pour arriver aux Etats-Unis compte tenu des restrictions liées au Covid-19», se rappelle-t-elle. Elle devait faire la prospection elle-même en cherchant des sites et des points de vente, alors qu’elle travaillait sur le produit. «Je travaillais la journée sur le marketing et le soir, de 23h à 3h du matin, avec la Chine. Il fallait bosser et persévérer. Des fois on n’en peut plus, on est motivé mais parfois c'est dur d'avancer», ajoute-t-elle.

Aujourd’hui, la jeune entrepreneure travaille sur une gamme de shampoing, après-shampoing et démêleur. «Je souhaite que le produit soit sans sulfate et sans parabène», explique-t-elle, en précisant que le processus de certification de cette nouvelle gamme -trois semaines pour son premier produit- prend entre un et trois mois. De plus, Chadia A. Ouqassou compte aussi lancer une nouvelle gamme avec le Riad des arômes, avec huile d’argan pour des crèmes anticernes et des baumes de corps ainsi que le nouveau packaging 100% marocain pour son bain d’huile.

«J’essaye d’intégrer le Maroc et veiller à ce que mes produits soient le plus authentiques possible», conclut-elle.

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