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Vers l'installation au Maroc de deux unités de fabrication de drones israéliens

A la faveur d’un contexte géostratégique, qui commence à s’esquisser au Maghreb et au Sahel, le Maroc, grâce à l’expertise israélienne, est sur le point de réaliser son ambition de lancer sa propre industrie militaire.

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Abdellatif Loudiyi et Benny Gantz, mercredi à Rabat, après la signature du premier accord militaire entre le Maroc et Israël. / DR
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Le Maroc et Israël ont signé, hier à Rabat, un protocole d’accord militaire, le premier du genre entre Israël et un pays arabe. Un acte officialisant des relations sécuritaires entre les deux Etats, qui remontent aux premières années de l’indépendance du royaume.

L’accord marque «le début d'une coopération officielle en matière de sécurité entre les deux [pays]. Il comprend la formalisation du partage de renseignements et permettra d'établir des liens entre leurs industries de la défense, les achats de défense et les exercices conjoints», a déclaré le ministère israélien de la Défense, Benny Gantz.

Selon certaines indiscrétions, Rabat et Tel-Aviv préparent dans les mois à venir le lancement de deux unités industrielles d’armes au Maroc. «Elles devraient servir à la fabrication de drones», indique dans des déclarations à Yabiladi une source proche du dossier. «Pour l’heure, les lieux devant accueillir ses deux entreprises maroco-israéliennes n’ont pas encore été précisés, même si il y a des informations non encore officielles qui avancent le Nord-Est et le Sud du royaume comme possible points de chute de ces unités», explique-elle.

Israël permet au Maroc de réaliser une vieille ambition

«Les lieux seront déterminés après une série d’examens minutieux des choix proposés par un comité conjoint composé d’experts. Des critères géographiques et sécuritaires ainsi que la proximité aux ports et aéroports seront pris en considération avant de trancher cette question», explique encore notre source.

Le protocole d’accord militaire, conclu hier, répondra à une ambition maintes fois exprimée par le Maroc, à savoir le transfert de technologie. En novembre 2019, le ministre délégué à l’Administration de défense nationale, Abdellatif Loudiyi l’avait clairement revendiquée. «Le royaume cherche à développer la maintenance des équipements militaires en imposant, dans la mesure du possible, à ses fournisseurs de s'engager à transférer la technologie de maintenance des équipements acquis aux services des Forces armées royales», avait-t-il affirmé devant les députés.

Après l’adoption du cadre légal nécessaire pour le lancement d’une industrie des armes et à la faveur d’un contexte géostratégique qui commence à s’esquisser au Sahel, Israël offre au Maroc une opportunité de réaliser son ambition. «Nous venons de signer un accord de coopération militaire – avec tout ce que cela implique – avec le Maroc. Il s'agit d'un événement très important qui nous permettra d'entrer dans des projets communs et d'autoriser les exportations [de défense] israéliennes ici. Je pense que les liens entre le Maroc et Israël doivent continuer à se resserrer, à se développer et à s'étendre», a précisé hier Benny Gantz dans une déclaration à des médias israéliens.

Dans une étude en 2015, le cabinet américain Frost & Sullivan avait classé le Maroc parmi les pays candidats à l’émergence d’une industrie militaire dans les dix années à venir. La liste établie comprenait également le Koweït, la Colombie, la Malaisie et Singapour.

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