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Breve

Omar Raddad : Une analyse d’ADN pointe «une personne déjà interrogée» dans l’affaire

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Omar Raddad et son avocate Me Sylvie Noakovitch. / DR
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En France, la Cour de cassation examinera, jeudi, un nouveau recours en révision, déposé par l’avocate d’Omar Raddad, Sylvie Noachovitch, pour que son client soit innocenté. Une requête qui s’appuie sur une nouvelle analyse ADN. Une qui pourrait «permettre de démasquer le vrai coupable» et d’«innocenter le jardinier», confie à Marianne l’enquêteur privé Roger-Marc Moreau.

Compagnon de route de la défense du jardinier marocain depuis 1994, il raconte ainsi les circonstances du premier recours initié par la défense, en 1999, qui a permis, un an plus tard, d’analyser les mots supposés être écrits par la victime Ghislaine Marchal : «Omar m’a tuer». «En 2000 ça tombe enfin : c’est bien du sang, celui de Mme Marchal. Mais il est mélangé à deux ADN masculins», se rappelle-t-il.

Bien qu’il soit gracié en 1996, Omar Raddad demande alors «qu’on lui prélève tout de suite son ADN», qui «ne correspond pas» à aucun des deux trouvés après l’analyse des lettres. La justice avance alors qu’il s’agit simplement d’un «ADN de contamination, antérieur ou postérieur à la commission du crime». Toutefois, la défense sollicite de nouvelles analyses ADN avant le dépôt de requête en révision. En 2014, Eric Bedos, procureur de la République de Nice, reçoit la demande de procéder à des analyses sur les lettres de sang. Un an plus tard, le labo transmet des résultats «dignes d’intérêt». Toutefois, un nouveau procureur de Nice n’annonce pas les résultats. Ce n’est qu’en 2016 qu’il déclare alors à la presse qu’«un des deux ADN a matché».

«On a donc l’identité d’un des deux, un homme condamné pour des faits de violence. Mais là encore, il ne se passe rien», dénonce Roger-Marc Moreau, qui déplore le fait que le procureur déclare, en 2018, qu’il y a eu une erreur et que «la personne en question n’est pas la bonne».

La défense est alors contactée par Laurent Breniaux, un expert qui refait l’analyse pour conclure qu’il «n’y a pas d’erreur» et que «l’ADN désigne de manière certaine la personne interrogée en 2018». Cela motive largement la requête en révision, qu’Omar Raddad et son fils attendent depuis deux ans maintenant, conclut-il.

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