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Colère en Algérie contre les soutiens de Riyad et Doha à la marocanité du Sahara

En Algérie, de nombreux médias sont vent debout contre l’Arabie saoudite et le Qatar, pointés du doigt pour leur appui à l'ONU à l’ «occupation marocaine du Sahara occidental». Pourtant, contrairement à ce qui a été véhiculé par Alger, ce soutien est loin d’être «inédit».

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Depuis la tribune de la 4e Commission des Nations unies, l’Arabie saoudite a réitéré son soutien à la marocanité du Sahara. Riyad «rejette toute atteinte aux intérêts suprêmes ou à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc frère», a souligné son représentant permanent à l’ONU, Abdallah Al Mouallimi.  

Le diplomate a couvert d’éloges «les développements économique et social au Sahara marocain et les réalisations cruciales en matière de droits de l’Homme». Mieux, il a salué la tenue les deux tables rondes de Genève, en décembre 2018 et mars 2019, ayant réuni les représentants du Maroc, Algérie, Mauritanie et Polisario, appelant à «poursuivre dans cette direction».

Un appui qui a immédiatement suscité une levée de bouclier en Algérie. En l’absence d’une déclaration officielle du ministère des Affaires étrangères, les médias locaux ont exprimé la colère du pouvoir. «Graves propos de l’ambassadeur saoudien à l’ONU», écrit TSA dans un premier article, accompagné par de larges extraits de l’intervention du diplomate saoudien. Pour sa part Echoroukonline a fait le lien entre ce soutien au royaume wahhabite et le rejet par l’Algérie de la médiation saoudienne dans la crise avec Rabat. En effet, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal Ben Farhan s’était rendu, le 14 septembre à Alger, porteur d’un message du roi Salmane au président Abdelmadjid Tebboune.

Le Qatar aussi dans le viseur

Des «sources anonymes» au gouvernement ont  très vite pris le relais pour tirer à boulets rouges sur la position saoudienne. «Les propos de l’ambassadeur saoudien sont inadmissibles», rapporte TSA. En quelques heures, la riposte algérienne a évolué en incluant le Qatar dans sa ligne de mire, dont le soutien à la marocanité du Sahara avait été passé sous silence par la presse algérienne.

«Le Qatar soutient les efforts du secrétaire général de l’ONU visant à aboutir à une solution politique durable et de compromis dans le cadre du processus politique (…) de manière à garantir la souveraineté du Royaume du Maroc.»

Alya Ahmed Bin Saif Al-Thani, représentante permanente du Qatar à l’ONU

Ce vendredi, dans des déclarations à Ennaharonline, une «source algérienne» a qualifié les interventions des diplomates saoudien et qatari de «contre-vérités stupides, visant à induire en erreur l'opinion publique internationale, et émises par des pays qui ont grandement contribué au morcellement continu du monde arabe». Tout en précisant que «l’Algérie se réserve le droit de répondre à ces polémique», la même source a écarté toute réponse officielle de son pays aux positions de Riyad et Doha.

Contrairement à ce qui était véhiculé par la presse algérienne, les appuis de l’Arabie saoudite et du Qatar à la marocanité du Sahara ne sont pas «inédits». Le même ambassadeur saoudien, Abdallah Al Mouallimi, avait exprimé, en juin dernier et depuis la même tribune de l’ONU, «le soutien» de son pays «à l’initiative d’autonomie au Sahara marocain dans le cadre de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Maroc».

Le Qatar a une position similaire. A l’issue de la 7e session de la haute commission mixte de coopération maroco-qatarie, tenue le 12 mars 2018 à Rabat, Doha a appelé au «règlement du conflit régional autour du Sahara dans le cadre de la souveraineté du Royaume du Maroc et dans le respect de son intégrité territoriale et nationale». Des positions que les deux Etats réitèrent régulièrement à l’occasion de réunions internationales.

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