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Maroc-Algérie : Al Adl wal Ihsane joue les funambules

Al Adl wal Ihsane a essayé de jouer les funambules sur la question du Sahara et les relations avec l’Algérie. Un exercice périlleux pour une organisation qui revendique sa propre ligne politique.

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Le n°2 d’Al Adl wal Ihsane a accordé, ce mardi 12 octobre, une longue interview au site de son mouvement. Une occasion pour Fathallah Arsalane de donner la position d’AWI sur des questions qui font l’actualité au Maroc et dans la région maghrébine, notamment la rupture des relations entre Rabat et Alger et le Sahara occidental ; les deux sujets allant de paire.

Arsalane a ainsi analysé la crise entre les voisins-ennemis en revendiquant le droit de son organisation à ne s’aligner sur les positions d’aucune partie, mettant en garde contre la prolifération de discours qui «alimentent l’escalade» dans les deux camps. «Ce sont des pièges tendus par des mains étrangères dont le crédo est «diviser pour mieux régner», destinés à exacerber les tensions, affaiblir la structure de l’Etat, émietter la cohésion des peuples de la région et affaiblir ses conditions de négociations sur les dossiers économiques et politiques», indique-t-il.

Poursuivant sur la même ligne, il a reconnu que la «crise profonde» est préjudiciable pour les deux Etats, affectant directement «leur indépendance de décision» et risque de les mettre sous la tutelle des «calculs des grandes puissances régionales et mondiales, ce qui rend plus compliqué tout rapprochement réel entre les deux pays».

Contre toute atteinte à l’«unité de l’Algérie sœur»

Invité à préciser la position d’Al Adl wal Ihsane sur le dossier du Sahara occidental, Fathallah Arsalane s’est départi brièvement de sa réserve sur le dossier de la rupture des relations entre le Maroc et l’Algérie pour affirmer que «la justesse de la cause de l'intégrité territoriale est une ligne rouge que nous n'acceptons pas de toucher». Pour mémoire, la Jamaa avait participé à la grande manifestation du 28 novembre 2010 à Casablanca contre une résolution du Parlement européen sollicitant l’ouverture d’une enquête internationale après le démantèlement par les forces de sécurité marocaines du camp de fortune Gdiem Izik, près de Laayoune.

Néanmoins, il a vite réendossé l’habit de l’opposant, mettant l’accent sur le respect de «l’unité de l’Algérie sœur». «Jouer avec l'unité des peuples, provoquer des conflits et la question des frontières, sont des bombes à retardement qui peuvent exploser à la face de tous et désintégrer toute la région. C'est pourquoi nous le disons avec un langage clair : Non à la sécession et non à l'instrumentalisation des différends politiques en soulevant des dossiers portant atteinte à la souveraineté de tout pays».

Un message clair de désapprobation de son mouvement au soutien de Rabat, exprimé par l’ambassadeur Omar Hilale, à l’autodétermination de la Kabylie. Une position en phase avec celle manifestée, le 27 septembre, par le Groupe d’Action Nationale pour la Palestine. L’ONG a qualifié d’ «erreur» l’appel du représentant permanent du royaume aux Nations unies visant «à soutenir la sécession dans la région algérienne de Kabylie».

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