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Sahara occidental : L’Algérie et le Polisario réagissent à la nomination de Staffan de Mistura

L'Algérie et le Polisario ont réagi, mercredi soir et jeudi, à la nomination de Mistura. Si Alger en a profité pour appeler à «démilitariser El Guerguerate», le Front a dénoncé «l'affaiblissement du mandat de la mission des Nations Unies» par le Royaume.

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Le chef de la diplomatie algérienne Ramtane Lamamra, avec Mohamed Salem Ould Salek, «chef de la diplomatie» du Polisario. / DR
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L’Algérie a réagi, ce jeudi, à la nomination de Staffan de Mistura en tant qu’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental. Dans un communiqué du porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Alger a exprimé son «intérêt» à la nomination de De Mistura, déplorant «profondément» le retard de 28 mois, «imputable à la partie marocaine».

L’Algérie a noté que la nomination de De Mistura intervient dans un contexte «fortement dégradé» et «porteur de risques, car marqué par la reprise des hostilités suite à la rupture brutale du cessez-le-feu». Un autre fait «imputable» au Maroc selon l’Algérie, malgré les faits rappelés par l'ONU. Ainsi, le voisin de l’Est accuse le Maroc, qu’il qualifie de «forces d’occupation» de se maintenir «illégalement, depuis le 13 novembre 2020, dans la zone tampon au niveau de Guerguerate, en violation flagrante des accords militaires, signés par les deux parties et endossés par le Conseil de sécurité».

Le porte-parole du département de Ramtane Lamamra a présenté, par ailleurs, sa vision de la «voie que doit suivre le nouvel envoyé spécial pour réussir là où ses prédécesseurs ont tous échoué». Il a évoqué la «démilitarisation de la zone de Guerguerate, consacrée par les accords» de cessez-le-feu de 1991 et qui serait «la pierre angulaire de tout processus politique crédible visant à trouver une solution pacifique au conflit».

Tout en louant les «qualités personnelles» et «professionnelles reconnues» et «appréciées» du nouvel émissaire de l’ONU, l’Algérie annonce lui apporter son «soutien» et appelle à «des négociations directs entre le Front Polisario et le Maroc pour régler le conflit au Sahara occidental».

Le Polisario réitère ses accusations à l'encontre du Maroc sur la «violation du cessez-le-feu»

L’Algérie a également appelé à «une relance effective et sérieuse des négociations directes, de bonne foi et sans conditions préalables». Ces négociations doivent être menées dans la «fidélité à la préconisation du sommet du Conseil de paix et de sécurité de l’Union Africaine, entre les deux parties au conflit, à savoir le Royaume du Maroc et le Front Polisario». Elle a enfin plaidé pour «une solution garantissant au peuple du Sahara occidental l’exercice libre et authentique de son droit inaliénable et imprescriptible à l’autodétermination».

La réaction de l’Algérie a été précédée par celle, communiqué mercredi soir, du Front Polisario. Le mouvement séparatiste a indiqué, dans un communiqué, «avoir pris connaissance» de la nouvelle nomination et pointe des «développements très dangereux» sur le terrain, dus à «l'affaiblissement du mandat de la mission des Nations Unies» par le Maroc.

Accusant lui aussi le Maroc d’avoir «violé le cessez-le-feu» lors de l’intervention des FAR à El Guerguerate en novembre 2020, le mouvement pointe le «silence du Conseil de sécurité et du Secrétariat général des Nations unies». «Aucun processus de paix réel, crédible et durable au service de la paix, de la sécurité et de la stabilité dans la région ne sera possible tant que l'Etat occupant marocain continue, en toute impunité, ses actions illégales et ses tentatives d'imposer un fait accompli colonial par la force dans les zones occupées du Sahara occidental», insiste le mouvement séparatiste.

Tout en réaffirmant son attachement à «l'autodétermination et l'indépendance», le Front se déclare «impatient de communiquer avec le nouvel envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU sur la manière dont il entend aller de l'avant dans l'accomplissement de sa mission».

A rappeler que le secrétaire au Département d’Etat américain, Antony Blinken s'est félicité, mercredi soir, de la nomination de Staffan de Mistura, affirmant que «les États-Unis soutiennent pleinement l’ONU afin de mener un processus politique au Sahara occidental pour promouvoir un avenir pacifique et prospère pour le peuple de la région».

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