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Maroc : La filiale de Sitel licencie 8 salariés après leur création d’un bureau syndical

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Photo d'illustration / DR.
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Ce mardi, les salariés de Sitel à Rabat et l’Union marocaine du travail (UMT) organisent un sit-in devant les locaux de l’entreprise, pour protester contre le licenciement de 8 salariés. La filiale marocaine de la multinationale française des télécommunications a mis fin à sa collaboration avec les concernés, sans préavis, après la création d’un bureau syndical de l’UMT pour les employés. «La situation dure depuis plus de trois mois et la direction ne donne aucune suite aux propositions de dialogue», a indiqué à Yabiladi l’un des huit licenciés.

Secrétaire général de l’UMT, Miloudi Moukharik a adressé un courrier au PDG du groupe Sitel, Laurent Uberti, le 11 septembre, sans que cette lettre n’aie de réponses pour le moment. Consulté par Yabiladi, l’écrit fait part de «graves violations du droit d’organisation et des libertés syndicales par [la] direction locale» de Sitel à Rabat. Dès la création du bureau syndical, ses membres parmi les employés ainsi que leurs collègues syndiqués ont fait l’objet de «pressions et de menaces». Selon la missive, les délégués syndicaux ont été interdits d’accès aux locaux et leurs salaires mensuels ont été gelés, «sans aucun motif».

Pour le secrétaire général de l’UMT, cette attitude «noircit la responsabilité sociale» du groupe et «risque d’asséner un coup à sa réputation», notamment au regard des dispositions de la loi marocaine, des traités internationaux et des principes de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dont la France est signataire.

Membre d’UNI global union, l’UMT a par ailleurs saisi la fédération syndicale internationale sur le sujet. Le 12 septembre, l’instance a déploré que Sitel montre «à plusieurs reprises» son «attitude antisyndicale» et son absence de volonté d’«engager un dialogue constructif avec les salariés ou les syndicats».

Le 4 août déjà, ImpACT International, basé à Londres, a appelé le ministère du Travail et de l’insertion professionnelle à intervenir pour que «Sitel et toutes les entreprises opérant dans le pays» se conforment «à la loi marocaine et aux pactes internationaux relatifs aux droits des travailleurs à former des syndicats». L’organisation a appelé le département à faire «respecter le droit des salariés à la liberté d’association», particulièrement au sein des multinationales implantées dans le royaume.

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