Menu

Article

Pérou et «RASD» : Des députés peu convaincus par les explications du chef de la diplomatie

Après le rétablissement des relations entre le Pérou et la «RASD», les parlementaires péruviens, proches du Maroc, ont riposté par l’audition du ministre des Affaires étrangères. Un passage qui ne les a pas convaincu, car ils exigent désormais une nouvelle comparution de leur chef de la diplomatie.

Publié
Le chef de la diplomatie péruvienne Óscar Maúrtua. / DR
Temps de lecture: 2'

Le chef de la diplomatie du Pérou, Óscar Maúrtua a comparu, lundi soir, devant la Commission des Affaires étrangères du Parlement pour donner la version de son gouvernement sur le rétablissement des relations avec la «RASD». «Notre pays a agi sur la ferme position du respect du droit à l'autodétermination des peuples, ainsi que sur la base de l'avis de la Cour internationale de Justice de 1975», a expliqué le ministre des Affaires étrangères.  Lima soutient, a-t-il souligné, «les négociations directes sous les auspices du secrétaire général des Nations unies (ONU)».

Le diplomate a rappelé que le Pérou a déjà «reconnu la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) comme Etat souverain et indépendant le 16 août 1984 sous le gouvernement du président Fernando Belaúnde, établissant formellement des relations diplomatiques le 5 mai 1987», évoquant la décision de les suspendre le 9 septembre 1996, qui a été annulée le 8 septembre 2021.

Les explications présentées par le ministre n’ont pas convaincu des parlementaires, proches du Maroc. Ainsi, le député Jorge Morante a reproché au chef de la diplomatie d’avoir «manqué de respect en ne répondant à aucune des questions posées par les députés Bustamante, Cordero et Tudela», se rapportant aux «graves violations des droits humains et le génocide perpétrés» par le Polisario dans les camps de Tindouf, rapporte un média au Pérou.

Le ministre comparaitra une deuxième fois

Óscar Maúrtua n’a pas également répondu aux questions sur les circonstances de l’entrée à Lima du «ministre des Affaires étrangères» du Polisario, Mohamed Salem Ould Salek. Des parlementaires voulaient savoir avec quels passeport il a accédé le 7 septembre au territoire péruvien, d’autant qu’aucune information sur sa présence n’a été publiée sur le site du ministère des Affaires étrangères.  Il est lieu de souligner que l’agence de presse du Polisario (SPS) a mentionné que Ould Salek a effectué un déplacement à Lima, couronné par la reconnaissance de ce pays de la «RASD», relève la même source.

Face à cette colère des députés, le chef de la diplomatie a voulu les rassurer en affirmant que cette décision «n’affectera pas les relations avec le Maroc». Mais à défaut de convaincre les parlementaires, Óscar Maúrtua comparaitra une deuxième fois devant la commission des Affaires étrangères pour apporter davantage d’explications sur ce sujet. La date de son passage sera fixée après son retour des Etats-Unis où il prendra part, aux côtés du président Pedro Castillo, aux travaux de l’Assemblée générale de l’ONU.

Le rétablissement des relations entre le Pérou et la «RASD» était prévisible. C’était d’ailleurs une promesse du candidat Pedro Castillo aux élections présidentielles. Au lendemain de son investiture, l’ambassadeur du royaume à Lima, Amin Chaoudri s’est réuni, le 30 juillet, avec la ministre du Développement et inclusion sociale, Dina Boluarte Zegarra. Les entretiens ont porté, officiellement, sur la consolidation des liens de coopération entre les deux pays. Un premier contact qui s’est avéré peu concluant.

Le Chili est un autre pays qui risque de suivre les traces du Pérou. Certes, le candidat communiste Daniel Jaude, maire d'une petite commune située près de la capitale Santiago et qui ne cachait pas son appui au Polisario, a perdu, en juillet, les primaires de la gauche aux présidentielles de novembre prochain, mais les partis traditionnels tels le Parti socialiste ou le Parti pour la Démocratie, sont à la traîne.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com