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Maroc : Le torchon brûle entre Nabila Mounib et la section du PSU en France

A peine élue à la Chambre des représentants, Nabila Mounib a fait face à la démission générale des membres du Parti socialiste unifié (PSU) en France, rejoints dans leur décision par des membres du conseil national de la formation. Annoncée le 5 septembre au parti, cette démarche qui présage une scission de la section a été rendue publique seulement après les élections.

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Nabila Mounib, secrétaire générale du PSU / DR.
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Au lendemain du scrutin du 8 septembre au Maroc, marqué par l’élection à la Chambre des représentants, pour la première fois, de Nabila Mounib en tant que secrétaire générale du Parti socialiste unifié (PSU), la fronde interne est revenue au-devant de la scène. En effet, les membres de la section France ont annoncé leur démission générale de l’ensemble des instances partisanes, en protestation contre la gestion interne de la cheffe du parti.

Dans un communiqué, les membres ont exprimé leur indignation face aux «nombreuses tentatives d’imposer le fait accompli de différentes manières non-éthiques et illégales». Ils ont également dénoncé «les déviations volontaires des principes de la plateforme du quatrième congrès de 2018», qui a prôné l’unité entre les différentes formations de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), composée alors du PSU, du Congrès national ittihadi (CNI) et du Parti de l’avant-garde démocratique et socialiste (PADS).

Selon les démissionnaires, ces actions ont souvent été opérées «sous couvert de la nécessité d’attendre que l’expérience arrive à maturité» avant une éventuelle fusion entre les trois formations membres de l’alliance.

Une «débâcle organisationnelle» au sein du parti

Les membres de la section ont nommément tenu Nabila Mounib responsable d’une «débâcle organisationnelle présentée comme un moyen de faire front contre les complotistes intérieurs et extérieurs qui visent le parti». Dans cette dynamique, la secrétaire générale du PSU aurait pris des décisions «unilatérales», avec «le soutien du bureau politique» et sans consultations élargies.

«En tant que militants de la section France, nous avons souffert de l’autoritarisme de la secrétaire générale et de quelques membres du bureau politique, face à leurs restrictions récurrentes sur le travail de cette antenne ainsi que sur sa dynamique, et ce en raison de notre attachement à la réflexion et à la prise de décision en toute indépendance, de même que de notre refus de toute tutelle.»

Bureau du PSU en France

«La goute qui a fait déborder le vase», selon les militants, est «le retrait de la signature du PSU de la déclaration générale des composantes de la FGD par la secrétaire générale», qui «a coupé avec l’esprit d’unité prôné à l’issue du congrès de 2018».

Les signataires ont souligné avoir pris la décision de couper le cordon ombilical avec le parti de Mounib avant les élections générales du 8 septembre, leur communiqué étant daté du 5 du même mois mais publié seulement le lendemain du scrutin. «Nous avons choisi de ne rendre publique notre décision qu’après les élections, dans l’idée d’éviter toute récupération de cette position, tout règlement de compte et toute instrumentalisation dans des conflits où nous ne souhaitons pas être associés», ont-ils écrit.

Les désormais ex-membres de la section ont annoncé se préparer pour constituer un nouveau cadre, qui leur permettrait de «continuer à militer pour réaliser le projet de société auquel [ils] aspir[ent]». Ce revers n’est pas le premier que Nabila Mounib a essuyé, d’autant que la déclaration est signée également par une partie des membres du conseil national du parti.

A la suite du retrait du PSU de la FGD, devenue depuis Alliance de la fédération de gauche (AFG) constituée du CNI et du PADS, des élus et des militants du parti ont annoncé leur retrait de la formation politique, ou la constitution d’un front réformateur. La décision de Nabila Mounib a notamment été critiquée par Omar Balafrej et Mustapha Chennaoui.

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