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Elections : Radiation de Hamidine et Sekkal, le PJD «victime du système» ?

Le PJD, dans la ligne de mire du ministère de l’Intérieur ? La radiation de ses membres, Abdelali Hamidine et Abdessamad Sekkal, des listes électorales apporte de nouveaux arguments aux «frères» de Saad-Eddine El Othmani pour revendiquer, une fois de plus, le statut de «victimes du système».

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A quelques semaines du grand rendez-vous avec les urnes du 8 septembre, le PJD est vent debout contre la radiation des listes électorales par le ministère de l’Intérieur de deux de ses membres influents. Sont concernés par cette mesure, le conseiller parlementaire Abdelali Hamidine et Abdessamad Sekkal, président de la région Rabat-Salé-Kenitra. Une décision qui les prive de facto de participation aux prochaines élections en tant que candidats ou même électeurs.

Au PJD, l’heure est à la condamnation. Ce lundi 26 juillet à Rabat, lors de la présentation du programme électoral de son parti, Saad-Eddine El Othmani, arborant sa casquette de secrétaire général, a pointé du doigt «une opération de fraude politique et une brutalité juridique», rapporte le site du PJD.

Le secrétariat provincial de la formation islamiste à Rabat a dénoncé, pour sa part, «la méthode adoptée par certaines parties pour circonscrire la force du parti en excluant ses symboles de l'exercice de leur droit de se présenter et de voter. Cela porte un coup à l'un des droits constitutionnels les plus importants de la citoyenneté».

Des radiations qui renforcent le statut de «victimes du système»

Face à cette indignation du PJD, le ministère de l’Intérieur a été contraint de sortir du bois et expliquer les motifs de radiations des listes électorales pour Hamidine et Sekkal. Dans un communiqué, la Direction générale des affaires intérieure (DGAI) a estimé que la mesure est «légale», rejetant par la même occasion «tout abus de pouvoir» et «sélectivité dans le processus de radiation». Et de préciser que «cette opération reste encadrée, comme d'autres procédures telles que l'inscription, le transfert d'inscription et la correction des erreurs matérielles, avec des dispositions légales claires».

Le texte de la DGAI indique que dans le cas de Hamidine, son exclusion a été prononcée par tous les membres de la commission chargée de la révision des listes électorales au niveau de Rabat, y compris le représentant de la commune Agdal-Hay Ryad, issu du PJD, ayant conclu que le conseiller parlementaire «ne réside plus dans la préfecture de Rabat».

Quant à Sekkal, la décision a été prise, le 20 juillet, par le tribunal administratif de Rabat suite à un «recours introduit par un des électeurs». La juridiction constate aussi que le président de la région Rabat-Salé-Kenitra «ne réside pas» à Rabat. Des explications qui n’ont pas convaincu des membres du PJD. La députée Amina Maelainine a qualifié la radiation de ses deux «frères» d’ «acte politique».

Cette affaire est une nouvelle preuve de la détérioration des relations entre le PJD et le département de Laftite. En février 2020, suite à une plainte du ministère de l’Intérieur,  la justice avait démis de ses fonctions le président PJDiste de la commune d’Ait Melloul. Fin juillet 2020, c'était Habib Choubani, le président du conseil de la région Drâa-Tafilalet, qui a été entendu par la brigade régionale de la police judiciaire, suite à une plainte déposée par un des membres de la grande collectivité territoriale. A Marrakech, le maire fait l’objet d’une enquête par le juge d’instruction près du tribunal des crimes financiers de la même ville pour «dilapidation de deniers publics».

Une succession d’événements qui avait fait sortir de ses gonds les islamistes. Septembre dernier, le secrétariat général demandait que «cesse les restrictions de l’action de ses conseillers aux collectivités territoriales». L’instance avait d’ailleurs déploré «une campagne orchestrée» contre ses membres.

Ces radiations contribuent à la thèse d'une «offensive du système» avancée par le PJD. Un argument qui s’est avéré payant lors des élections communales et régionales de 2015 et des législatives de 2016 en tirant profit des interdictions de meetings politiques que des ministres du PJD devaient animer en plein air dans certaines villes du royaume.

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