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UE : Polisario et agriculteurs espagnols font front commun contre le Maroc

Une semaine après la décision de la Commission européenne d’envoyer une délégation au Sahara sans consulter le Polisario, le mouvement de Brahim Ghali tente de mobiliser les agriculteurs espagnols.

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Le Polisario et les organisations agricoles espagnoles accordent leurs violons contre les exportations du Maroc vers l’Union européenne. Les intérêts des deux parties se rejoignent. Une convergence scellée à l’occasion d’une conférence virtuelle, dénonçant l’intégration des produits du Sahara occidental dans l’accord entre le royaume et l’UE, rapporte un média ibérique.

A la réunion, le Polisario a dépêché son représentant en Europe, Oubi Bouchraya Bachir, et son avocat le Français Gilles Devers. Les deux ont appelé les Espagnols à «unir leurs forces» à seulement quelques semaines d’une nouvelle décision de la Cour de justice de l’Union européenne. En effet, depuis mars, la CJUE examine le recours en annulation présenté par le Polisario, le 27 avril 2019, contre la conclusion de l’accord sous forme d’échange de lettres entre l’UE et le Maroc sur la modification des protocoles n°1 et n°4 de l’accord d’association entre les deux parties signé de 2012.

Du côté espagnol, la Coordination des organisations des agriculteurs et éleveurs (COAG, selon son acronyme en castillan), a pris part à la rencontre. Son représentant a affirmé son appui «aux revendications» du Front Polisario.

Les pêcheurs boudent la rencontre virtuelle  

Le parti de gauche Podemos était également présent à la réunion, en la personne de l’eurodéputée Idoia Villanueva. Celle-ci a réitéré que le Polisario est «le représentant légitime du peuple sahraoui et le souverain sur toutes ses ressources naturelles» au Sahara. Pour mémoire, l’eurodéputé espagnol Jordi Cañas de Ciudadanos avait réclamé auprès de la Commission européenne, fin juin, l'ouverture d'une enquête sur ce qu’il qualifie de «fraude à l'exportation de tomates du Sahara occidental étiquetées comme produits du Maroc».

Cañas avait estimé que cette pratique «porte préjudice aux producteurs espagnols de tomates». Un argument repris par l’avocat Gilles Devers lors de la réunion virtuelle avec les organisations agricoles espagnoles qui a souligné qu’une sentence de la CJUE favorable à son client «peut mettre un terme à cette concurrence déloyale».

Cette rencontre virtuelle intervient une semaine après la décision de la Commission européenne d’envoyer une délégation au Sahara, d’ici la fin de cet été, pour s’enquérir sur place si les accords de pêche et agricole conclus entre le Maroc et l’Union européenne bénéficient réellement à la population locale.

Il est lieu de signaler que les organisations des pêcheurs ont opté pour la chaise vide. Les armateurs espagnols ont comme habitude d'ignorer les positions du Polisario, en continuant à pêcher dans les eaux du Sahara. Le Maroc souhaite en effet inscrire le dossier de la pêche au menu des négociations avec l'Espagne, avant la reprise des relations. Sur les 128 licences accordées par le royaume en 2019 aux chalutiers européens, 92 vont aux armateurs espagnols.

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