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Des responsables US et européens inquiets des liens entre NSO et les renseignements israéliens

Le logiciel Pegasus ayant servi d'outil de surveillance à plusieurs gouvernements sert-il aussi aux services de renseignement israéliens ? Responsables américains et européens s'en inquiètent.

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Le siège de la société israélienne NSO Group à Tel Aviv. / AFP
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Bien que la société israélienne NSO Group se soit taillée une réputation parmi les experts en sécurité nationale du monde entier, des responsables de la sécurité américains et européens considèrent l'entreprise avec une certaine méfiance. Lors d'entretiens accordés cette semaine au Washington Post, plusieurs anciens et actuels responsables de sécurité ont déclaré qu'ils présument que la société, fondée par d'anciens officiers de renseignement israéliens, fournit au moins quelques informations au gouvernement de l’Etat hébreu, sur qui utilise ses produits d'espionnage et quelles informations ils collectent.

«C'est fou de penser que NSO ne partagerait pas d'informations sensibles sur la sécurité nationale avec le gouvernement d'Israël», a déclaré un ancien haut responsable américain de la sécurité nationale qui a travaillé en étroite collaboration avec les services de sécurité israéliens. «Cela ne signifie pas qu'ils sont une façade pour les agences de sécurité israéliennes, mais les gouvernements du monde entier supposent que NSO travaille avec Israël», ajoute cet ancien responsable sous couvert d’anonymat. Bien que NSO soit une entreprise privée, les responsables américains soupçonnent depuis longtemps que certaines informations qu'elle collecte sont également consultées par le gouvernement israélien, a précisé un autre responsable américain proche du dossier.

Pegasus, cheval de Troie pour les renseignements israéliens ?

Les agences de renseignement américaines n'utilisent pas les produits de NSO, ont déclaré les responsables américains interrogés. Les informations que les produits NSO peuvent extraire sont les mêmes, cependant, que celles que les agences de renseignement du monde recueillent auprès de leurs cibles, précise-t-on.

Un haut responsable du renseignement européen a déclaré, pour sa part, que depuis 2019, son pays avait confirmé qu'environ 1 400 personnes dans 20 pays avaient été espionnées à l'aide du logiciel NSO. «Dans certains pays, il a également été utilisé pour cibler des journalistes, des militants des droits humains, des politiciens et des hommes d'affaires», a ajouté ce responsable. Il a reconnu que les outils de NSO peuvent «être cruciaux dans la lutte contre le crime organisé et le terrorisme», mais les incidents de gouvernements étrangers utilisant le logiciel, en particulier l'outil Pegasus de NSO, pour surveiller les journalistes et les militants des droits de l'Homme ont entaché la réputation de la société israélienne.

Le Washington Post rappelle que le ministère israélien de la Défense examine et doit approuver la licence des produits de NSO aux gouvernements étrangers. Il peut restreindre l'octroi de licences pour les outils de surveillance de l'entreprise et effectue son propre examen des dossiers des droits humains des pays que NSO veut transformer en clients. Un porte-parole du ministère israélien de la Défense a déclaré qu’«Israël n'a pas accès aux informations recueillies par les clients de NSO». La société a indiqué dans une déclaration écrite qu’elle nie «les allégations selon lesquelles le gouvernement israélien surveille l'utilisation des systèmes de [ses] clients».

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