Menu

Article

Crise Maroc-Espagne : Le gouvernement Sanchez veut intégrer Ceuta et Melilla à l’espace Schengen

Le gouvernement espagnol prépare la deuxième phase de sa riposte à l’exode de milliers de Marocains à Ceuta. L’exécutif Sanchez veut intégrer Ceuta et Melilla à l’espace Schengen et à la douane de l’Union européenne.

Publié
DR
Temps de lecture: 2'

Le gouvernement espagnol envisage d’intégrer Ceuta et Melilla dans le régime douanier de l’Union européenne et l’espace Schengen. Une annonce qui porte la signature des secrétaires d’Etat au ministère de la Politique territoriale et Fonction publique, Víctor Francos, et Juan González-Barba chargé de l’Union européenne au ministère des Affaires étrangères.

Suite à une réunion tenue jeudi 10 juin avec le président de Ceuta, Juan Vivas, M. Barba a estimé face «aux faits très graves» qu’a connus la ville les 17 et 18 mai, avec l’entrée irrégulière de milliers de Marocains, le gouvernement central examine «sérieusement» l'abolition du régime spécial Schengen à Ceuta, qui le maintient en dehors du territoire commun de l'UE, et son inclusion dans l'Union douanière, se félicite Ceuta Al Dia. «Il s’agit d’une décision d'une importance capitale qui requiert le maximum de consensus dans la ville et parmi les forces politiques nationales», a-t-il expliqué.

La mesure annoncée «est étroitement liée au nouveau modèle économique que l'on souhaite pour la ville. Un modèle économique pour lequel le gouvernement central propose de se lancer dans le projet de transition écologique et numérique. Mais toujours, sans renoncer aux bonnes relations avec le Maroc», a tenu à préciser le secrétaire d’Etat chargé de l’Union européenne.

Les économies de Ceuta et Melilla dépendantes du Maroc

Et de rappeler que l’exécutif espagnol souhaite transférer à Ceuta et Melilla la philosophie de «la prospérité partagée» qu'il a déjà préconisée pour les relations entre Gibraltar et sa région environnante, El Campo de Gibraltar. L’Espagne et le Royaume-Uni, ont conclu fin décembre 2020, un accord permettant au Rocher de faire partie de l’espace Schengen.

Pour mémoire, en janvier au Parlement, la ministre des Affaires étrangères avait indiqué que «comme la prospérité de la rive européenne nécessite cet entrelacement entre Gibraltar et El Campo (comprenant Algersiras et Tarifa) sur des fondations saines, la prospérité de la rive africaine sera un mirage si une vision similaire n'est pas promue entre Ceuta et Melilla et les régions marocaines voisines».

Cette intégration de Ceuta et Melilla à l’espace Schengen devrait s’accompagner par l’arrivée de fonds européens, a promis le secrétaire d’Etat à la Politique territoriale, Victor Francos. «Nous voulons que Ceuta soit un acteur majeur dans la mise en œuvre des fonds européens (…) des milliards d'euros qui devraient servir à moderniser Ceuta et à réactiver son économie et améliorer les services», rapporte Ceuta Al Dia.

Si le gouvernement passe à l’acte, cela signifierait la fin de l’accès sans visas des habitants de Tétouan et Nador, respectivement à Ceuta et Melilla. Les ministres de l’Intérieur du Maroc et de l’Espagne, Abdelouafi Laftite et Juan Ignacio Zoido, avaient déjà abordé en septembre 2017 la question de mettre un terme à cette «exception».

Mais le coût économique d’une telle intégration à la douane de l’Union européenne et à l’espace Schengen risque d'être salé ; les économies de Ceuta et Melilla étant entièrement tournées vers le Maroc. C’est l’autre défi que doit relever le gouvernement espagnol et la Commission européenne, qui doit payer la facture du plan.

Les deux secrétaires d’Etat, MM. Barba et Francos, sont attendus ce vendredi à Melilla, pour examiner avec le président de la ville cette question aussi sensible qu'urgente, révèle El Pais.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com