Menu

Article

Maroc : Un gain économique en réduisant les inégalités hommes-femmes en matière d’emploi

La réduction des écarts entre les genres peut apporter une «contribution très substantielle aux futures trajectoires de croissance» du Maroc, selon une nouvelle étude du World Institute for Development Economics Research qui affirme qu’une baisse «modeste» de ces écarts équivaut à «augmenter le produit intérieur brut (PIB) par habitant de 6 à 13%».

Publié
Photo d'illustration. / Pierre-Olivier Rouaud - L'Usine Nouvelle
Temps de lecture: 2'

Les pays de la région MENA ont l'un des taux de participation des femmes à la population active les plus bas au monde, même comparée à l’Afrique subsaharienne et l’Amérique latine et le Maroc ne fait pas l’exception. En effet, le taux de participation des femmes dans le royaume était de 27,5% en 2019 (contre 76% pour les hommes) selon les estimations de l'Organisation internationale du travail (OIT), reprises dans une nouvelle étude de World Institute for Development Economics Research, dépendant de l'United Nations University de l'ONU.

Intitulée «The economic gains of closing the employment gender gap : Evidence from Morocco», ses rédacteurs Olivier Bargain et Maria C. Lo Bue affirment que «non seulement le Maroc est à la traîne par rapport aux niveaux mondiaux de participation des femmes à la population active, mais il montre une tendance inverse, avec une réduction de 24% de la participation des femmes à la main-d'œuvre depuis 2000». Une tendance qui «n'est que partiellement imputable à la situation économique ou à d'autres facteurs structurels» puisqu’au cours de la même période, le taux d'emploi des hommes n'a baissé que de 4%, constate-t-on.

Des gains économiques d'une participation plus importante des femmes

Pour les deux chercheurs, il n'y a pas d'explication unique à la faible participation des femmes au marché du travail, mais plutôt un ensemble d'obstacles complémentaires. Ils citent ainsi «les normes de genre, le cadre juridique, la structure de l'économie, la structure du marché du travail et le capital humain», entre autres. Des facteurs qui influencent à la fois l'offre et la demande de main-d'œuvre.  

Pour définir les implications de croissance des inégalités entre les sexes sur le marché du travail marocain, les deux chercheurs confrontent deux approches différentes. «La première basée sur des données fermes pour estimer la complémentarité entre les sexes dans la production et utiliser ces informations pour des simulations basées sur un modèle macroéconomique simple», indique l’étude. Celle-ci ajoute que la seconde approche s'appuie, pour même source, sur la variation du panel de pays pour relier la croissance à l'emploi relatif des femmes et, également, suggérer des simulations pour le Maroc.

Les deux chercheurs rassurent quant au fait que les deux approches mènent à «des conclusions similaires concernant les gains économiques potentiels d'une participation accrue des femmes dans ce pays».

Ainsi, les résultats montrent qu’une «réduction modeste d’un quart de la différence entre les taux d’emploi des hommes et des femmes suffirait à augmenter le produit intérieur brut (PIB) par habitant de 6 à 13% (selon les approches et les hypothèses utilisées)». De plus, «une réduction complète de l'écart (c'est-à-dire un taux de participation des femmes porté à 70% et proche des pays les plus avancés) correspondrait à un gain compris entre 22% et 39%». Olivier Bargain and Maria C. Lo Bue affirment, à cet égard, que «même si ces transformations prenaient plusieurs décennies, elles représenteraient tout de même une contribution très substantielle aux futures trajectoires de croissance de ce pays». 

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com