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Diaspo #192 : Mostafa Rhiti, ambassadeur de la cuisine marocaine en Corée du Sud

Mostafa Rhiti a hérité de l’amour des arts culinaires de sa mère. Après des années de travail, il a été choisi pour être le chef cuisinier de l’ambassade du Maroc en Corée du Sud, puis a décidé d’ouvrir une chaîne de restaurants dans la capitale, Séoul.

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Mostafa Rhiti en compagnie de Ban Ki-moon, ancien secrétaire général de l'ONU / DR.
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Natif de Fès, le chef cuisinier Mostafa Rhiti n’est pas un professionnel de l’art culinaire par hasard. Il a hérité ce savoir-faire de sa mère, qu’elle a elle-même appris de sa mère. «J’ai appris la cuisine de ma mère, qui travaillait elle aussi comme cuisinière pour feu le roi Hassan II, avec un groupe de cuisiniers. Elle a ensuite décidé de retourner à Fès pour continuer à exercer la profession qu’elle maîtrise», confie-t-il à Yabiladi.

Mostafa et ses dix frères et sœurs ont ainsi grandi dans une famille au contact avec la gastronomie. «Le deuxième étage de notre maison était dédié à la cuisine et à la préparation des commandes. Nous aidions ma mère pendant les vacances, ce qui a exacerbé mon attachement pour la cuisine», se souvient-il. A l’âge de quatorze ans, il décide de se consacrer définitivement à ce domaine et de quitter l’école.

D’aide cuisinier à chef cuisinier

Mostafa a commencé par accompagner sa mère à toutes les fêtes et événements pour l’aider en cuisine, jusqu’à ce qu’il acquière une grande expérience. «Un jour, ma mère a été invitée à travailler dans un événement organisé dans un hôtel, mais en raison de son activité, j’ai décidé d’aller à sa place, puis j’ai reçu une invitation pour travailler à titre officiel dans le même hôtel. Ma carrière a commencé ainsi», nous raconte encore le cuisinier.

Mostafa, qui a maintenant 53 ans, est passé d’assistant pour sa mère à chef dans plusieurs hôtels. «J’ai travaillé dans un groupe hôtelier à Fès et dans d’autres villes marocaines», dit-il, ajoutant qu’il supervisait également la formation d’un groupe de stagiaires et d’étudiants dans l’hôtellerie.

Malgré sa maîtrise de la cuisine et l’accumulation d’une riche expérience, le chef cuisinier décide, en parallèle de son travail, d’entreprendre une formation et il obtient un diplôme en gastronomie, en 1996.

En 2002, de les portes d’une nouvelle expérience s'ouvrent devant Mostafa. Il se rappelle fièrement avoir été choisi comme chef cuisinier pour l’ambassade du Maroc en Corée du Sud. «J’ai déménagé avec l’ambassadeur du Maroc, qui avait été nommé à l’époque», nous confie-t-il.

«L’ambassade organisait plusieurs événements, expositions et réceptions, auxquels assistaient des ambassadeurs de différents pays, en plus de personnalités diplomatiques. Ils aimaient beaucoup la cuisine marocaine que je leur présentais. Je me suis fait connaître auprès de nombreuses personnalités.»

Mostafa Rhiti

Une marque de la restauration marocaine à Séoul

A la fin de la mission de l’ambassadeur en Corée du Sud en 2005, Mostafa s’est retrouvé face à deux options, «soit retourner soit s’installer dans la capitale coréenne, Séoul, avec épouse et enfants». «Comme j’avais fait connaissance avec plusieurs personnalités, j’ai choisi de m’installer en Corée et ouvrir mon propre restaurant à Séoul, pour être le premier restaurant marocain de la ville. C’était petit au début». L’enseigne s’appelle Marrakech, une des villes marocaines les plus réputées chez les Coréens.

La langue n’a pas constitué un obstacle, lors de ses années de travail à l’ambassade. Cependant, les choses ont été plus difficiles pour l’ouverture de sa propre entreprise. «Au début, j’ai rencontré des difficultés pour gagner des clients coréens en raison de mon manque de maîtrise de la langue, car avant cela, je n’étais pas obligé d’avoir beaucoup de contacts avec les Coréens».

En peu de temps, le petit restaurant «Marrakech» est devenu célèbre, et la demande s’est accrue jour après jour. C’est ce qui a incité Mostafa à élargir le projet et à ouvrir un autre restaurant plus grand. «Puis, j’en ai ouvert deux autres. Je reçois environ 300 à 400 touristes par jour», se félicite-t-il.

Les restaurants de Mostafa sont devenus célèbres dans la capitale coréenne. Il a reçu des offres pour participer à des programmes télévisés et à des concours de cuisine. «Cela nous a donné un grand coup de pouce», se rappelle-t-il, à une époque où ses restaurants étaient surtout fréquentés par les étrangers. Plus de 70% de ses clients sont désormais coréens.

L’année dernière, le chef marocain a participé au programme Masterchef en Corée, avec des candidats de différents pays. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu, avec le début de la crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau coronavirus.

«Parce que j’avais acquis une bonne réputation, je tenais à la préserver, donc ma femme s’occupait du premier restaurant et cuisinait seule, tandis que j’étais dans le second et les autres membres de ma famille étaient dans les autres restaurants. Mais ils devaient revenir au Maroc, j’ai alors essayé d’amener d’autres cuisiniers, mais je n’ai pas reçu d’aide des autorités coréennes. Cela m’a finalement poussé à fermer quelques enseignes et à me concentrer sur un seul restaurant.»

Mostafa Rhiti

En plus de gérer son restaurant, Mostafa travaille en tant que chef cuisinier de l’ambassade égyptienne. Il a aussi travaillé avec les ambassades d’Arabie saoudite, du Qatar, de Bahreïn, de Libye, d’Algérie et d’autres encore.

Chef Mostafa tient également à transmettre l’amour de la gastronomie à son fils, afin de préserver l’héritage familial. «Mon fils est entré dans ce domaine de sa porte professionnelle. A  l'université, il s’est spécialisé dans la gastronomie italienne, chinoise et espagnole.» En plus de ses études académiques, son fils vient régulièrement au «Restaurant Marrakech» pendant ses temps libres et en vacances pour aider son père. Ayant déjà l'esprit tourné vers l'avenir, le «chef» marocain envisage de rentrer au Maroc, pour ouvrir un restaurant coréen à Fès, lorsque ses enfants auront terminé leurs études.

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