Menu

Grand Angle

Spoliation immobilière : Un journaliste poursuivi à Tiznit après une «plainte vexatoire»

Poursuivi en état d’arrestation pour s’être «immiscé dans des fonctions publiques», Mohamed Boutaam a dénoncé il y a quelques jours des menaces proférées contre lui par Hassan Ouazzani alias Boutzguit, qui serait la figure de proue d’un réseau de spoliation immobilière actif dans le sud du royaume.

Publié
Le journaliste et militant Mohamed Boutaam. / DR
Temps de lecture: 3'

Le procureur du roi à Tiznit a décidé, mardi 4 mai, de poursuivre en état d’arrestation, le journaliste Mohamed Boutaam, directeur du site Tizpress, après avoir été convoqué par la police judiciaire du district régional de sureté de la ville. Connu pour ses articles contre la spoliation immobilière qui sévit dans le sud du royaume, il est poursuivi pour s’être «immiscé dans des fonctions publiques», conformément à l’article 380 du code pénal, a indiqué dans un post sur Facebook l’avocat Aomar Eddaoudi, du barreau de Rabat. Le même article prévoit des peines allant d’un à cinq ans.

L’avocat a ajouté que la première audience de Mohamed Boutaam a été fixée au jeudi 6 mai, alors que le journaliste a décidé d'entamer une grève ouverte de la faim. Des activistes de Tiznit et du Sud ont décidé d'organiser un sit-in pour demander sa libération cet après-midi, et un autre jeudi, parallèlement à l’audience.

Mohamed Boutaam a été convoqué lundi par la police judiciaire de Tiznit, après une plainte déposée par Hassan Ouazzani alias Boutzguit, accusé par plusieurs d’être la figure de proue d’un réseau de spoliation immobilière. Boutzguit l'accuse ainsi de «diffamation et diffusion de fausses informations pour (lui) porter atteinte». Une plainte qui a finalement été classé sans suite

Dans un article paru lundi sur Tizpress, Mohamed Boutaam a révélé qu'avant les appels de la police judiciaire pour sa convocation, il aurait «reçu des informations d'un groupe de victimes de la mafia de la spoliation immobilière l’informant que Boutzguit répète à ses victimes que Boutaam sera bientôt emprisonné et que le reste des victimes suivront». Le journaliste a également dénoncé que la plainte de ce personnage au bras long ait été déposée «immédiatement après la vidéo qu'il a récemment filmée et dans laquelle il accusait et s’en prenait à un groupe de victimes».

Une cabale montée par Hassan Ouazzani ?

Le journaliste et directeur de Tizpress a également révélé que «depuis qu'il a reçu la grâce royale, il a redoublé sa pression sur les victimes en déposant de nouvelles plaintes et en faisant appel, comme d'habitude, à de faux témoins». Mohamed Boutaam a dans ce sens dénoncé l’implication de «l’institution royale» par l’homme influent.

En février dernier, Omar B. qualifié par les médias de «bras droit de Boutzguit» a été arrêté dans une affaire de fraude et escroquerie à Oujda avant que les autorités ne découvrent qu’il fait l’objet de plusieurs plaintes de victimes de la spoliation immobilière. Hassan Ouazzani a alors publié une vidéo pour critiquer Mohamed Boutaam et Omar Daoudi et deux autres personnes, les accusant de «répandre des mensonges» et tirer à boulets rouge sur la Brigade nationale la police judiciaire à Rabat. «Je ferai des plaintes contre chacune de ces personnes», a-t-il lancé. Des menaces qu’il semble avoir mis en exécution.

Boutzguit a fait parler de lui en 2014, lors de l’affaire Ibba Ijjou et son mari Moulay Ahmed, un couple âgé de la région de Lakhsas au sud du Maroc, expulsés de leur maison et protestant pendant des jours devant le tribunal de première instance de Tiznit. Ibba Ijjou et Moulay Ahmed et sa femme accusaient Boutzguit de les avoir dépouillés de tous ce qu’ils possédaient, notamment de leur petite maison avec un titre falsifié et appellaient les médias à les soutenir. 

En septembre dernier, le procureur général du roi près la cour d’appel d'Agadir a renvoyé Boutzguit devant le juge d'instruction pour soupçon de faux et usage de faux, entre autres. Il était poursuivi en état de liberté provisoire, tandis que les audiences devaient débuter le 1er octobre suite à une plainte déposée par la famille d’Ibba Ijjou qui l’accuse d’avoir fait appel à un contrat comprenant des sceaux et des signatures d'une personne qui n'a rien à voir avec la région pour la spolier de sa maison.

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com