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González Laya : «Si la justice convoque Brahim Ghali, l'exécutif n'interviendra pas»

«La justice fera ce qu'elle doit faire et le gouvernement la respectera pleinement», a assuré la chef de la diplomatie espagnole, ce mardi. Pourtant, Alger avait reçu les assurances de Madrid que Brahim Ghali, admis sous l’identité d’un ressortissant algérien, ne sera pas inquiété par la justice.

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La cheffe de la diplomatie espagnole, Arancha Gonzalez Laya. / EFE
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La ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya a assuré, ce mardi, que l’exécutif espagnol n’interviendra pas si la justice du royaume ibérique convoque Brahim Ghali, admis dans un hôpital de Logroño. Lors d’une conférence de presse, elle a assuré que «si la justice estime que M. Ghali doit rendre des comptes, M. Ghali comparaîtra devant la justice», ajoutant que son gouvernement «n’interviendra pas dans le fonctionnement indépendant et libre de la justice».

«La justice fera ce qu'elle doit faire et le gouvernement la respectera pleinement, car il ne peut en être autrement dans un pays démocratique», a-t-elle réaffirmé, rapporte l’agence espagnole EFE.

Sur la réaction du Maroc quant à l’annonce de l’accueil de Brahim Ghali, la cheffe de la diplomatie espagnole a indiqué que «la position de l'Espagne vis-à-vis du Maroc est une position stratégique». «C’est une relation d'amitié, de coopération et de partenariat étroit entre les voisins et partenaires privilégiés», a-t-elle insisté en réponse à la question d’une journaliste.

Arancha González Laya a assuré que son gouvernement a «donné les explications», en affirmant que l’exécutif a autorisé l'entrée en Espagne du chef du Front Polisario pour des raisons «strictement humanitaires». «Lorsque ces raisons humanitaires seront terminées, M. Ghali quittera l'Espagne», tranche-t-elle.

«Ce qui importe au gouvernement espagnol, c’est de maintenir de bonnes relations avec tous ses voisins et évidemment de maintenir des relations extraordinaires avec notre voisin et partenaire qui est le Maroc», conclut la ministre.

Tebboune avait les assurances de Sanchez de Ghali ne sera pas inquiété par la justice

Pourtant, Jeune Afrique avait révélé, il y deux semaines, que l’Algérie aurait obtenu «l’assurance» de l’Espagne que Brahim Ghali ne sera pas inquiété par la justice. En effet, Alger a négocié avec Madrid pour accueillir le secrétaire général du Polisario, hospitalisé sous le nom de Mohamed Ben Battouche, de nationalité algérienne, pour des raisons de discrétions.

L’Espagne a été choisie après que le président Abdelmadjid Tebboune ait obtenu l’assurance du Premier ministre Pedro Sanchez que Ghali ne serait pas inquiété par la justice espagnole», assure le magazine. D’ailleurs, cela explique la confiance des partisans de Ghali, qui assuraient il y a quelques jours, que leur chef quittera l’Espagne «sans problème».

Dans une interview, le représentant du Polisario en Espagne, Abdulah Arabi a même prédit que la plainte déposée par l'Association sahraouie pour la défense des droits de l'Homme (ASADEDH) contre le Front et ses leaders «n'a pas de voie légale», en évoquant «l'impact médiatique et la réalité» pour écarter toute éventualité que Ghali puisse être arrêté en Espagne.

Plus tôt ce mardi, la ministre des Finances et porte-parole de l’exécutif, María Jesús Montero a botté en touche la question sur l’affaire de Brahim Ghali en avançant l’«excellence des relations» entre le Maroc et l’Espagne face à une question sur la colère du Maroc.

Ce mardi également, le juge de la cour d'instruction numéro 5 de l’Audience nationale espagnole, Santiago Pedraz a décidé, de reporter à vendredi l’audition de Brahim Ghali pour pouvoir «vérifier» l’identité du secrétaire général du Front Polisario, qui se serait rendu en Espagne sous l’identité de Mohamed Benbatouche. Une audition qui s’inscrit dans le cadre de l’enquête pour la commission de crimes de détention illégale et de torture, suite à la plainte déposée par le blogueur sahraoui Fadel Breika.

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