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Etudiants marocains en Espagne : Hausse des frais d’inscription universitaire ou pas ?

Face à l’inquiétude grandissante des étudiants marocains des universités espagnoles, à qui le gouvernement ibère veut imposer une hausse très substantielle des frais d’inscription (voir article), l’ambassade du Maroc en Espagne se veut rassurante : selon elle, une convention bilatérale de réciprocité signée en 1982 devrait garantir le maintien de frais d’inscription égal entre étudiants marocains et étudiants espagnols. Mais cette convention qui date de 30 ans est-elle toujours d’actualité ? Eléments de réponse.    

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Les étudiants marocains seront-ils épargnés par la hausse des frais d'inscription universitaires en Espagne?
Temps de lecture: 3'

Les étudiants marocains en Espagne pourraient-ils être épargnés par la mesure du gouvernement Rajoy qui prévoit, entre autres, de majorer les frais d’inscription universitaire de 100% pour les étudiants non-communautaires (entendre hors U-E) des universités de la péninsule ? C’est en tout cas ce que semble laisser entendre l’intervention optimiste de l’ambassade du Maroc en Espagne. Pour se justifier, celle-ci rappelle qu’une convention bilatérale signée en 1982 stipule la réciprocité du traitement des citoyens des deux pays dans les universités espagnoles et marocaines. En d’autres termes, les étudiants marocains doivent être soumis au même traitement – financier notamment –  que celui imposé à leurs homologues espagnols au sein des établissements espagnols, et vice-versa. L’article 4 de la convention est celui qui consacre ce droit à la réciprocité.  

De l’optimisme de l’Ambassade du Maroc en Espagne…

L’intervention de l’ambassade du Maroc en Espagne arrive à point nommé pour désamorcer l’inquiétude et le mécontentement grandissant des étudiants marocains installés dans la péninsule ibérique. «Nous voulons que les étudiants se concentrent sur leurs examens et nous confient la gestion de ce thème», rassure Amine Chaoudri, le conseiller culturel de l’Ambassade du Maroc en Espagne, selon le quotidien Les Echos.

De fait, le service culturel de l’ambassade du Maroc s’est attelé à la tâche dès la publication au bulletin officiel du décret Rajoy en organisant plusieurs réunions avec les présidents des universités espagnoles. Objectif de ces rencontres : attirer l’attention des responsables ibères sur l’existence de la convention bilatérale de 1982 . Selon M. Chaoudri, leur réponse a été plutôt favorable à la reconnaissance du principe de réciprocité garanti par la convention. «Nous avons eût des retours satisfaisants. Si tout va bien, ce problème sera résolu dans les prochaines semaines» s’enthousiasme-t-il.  

… au scepticisme des associations d’étudiants …

En dépit de l’optimisme affiché par le conseiller culturel de l’Ambassade du Maroc en Espagne, la prudence reste toujours de mise au sein des cercles estudiantins marocains installés dans la péninsule. Et pour cause : tant qu’aucune annonce officielle n’est faite, ces derniers continuent à sentir planer l’épée de Damoclès du projet de loi Rajoy ; un projet de loi qui, s’il est ratifié, pourrait se traduire par une hausse spontanée de 1500 à 6000 ou 9000 euros (dépendamment de la région ou de la communauté autonome concernée) des frais d’inscription universitaires imputés aux étudiants non-communautaires. Autant dire une augmentation synonyme de départ forcé pour la majorité des 3000 marocains concernés par cette mesure.

Comme l’affirme d'ailleurs un étudiant marocain à ce propos: «enfant, j’ai étudié à l’école espagnole de Tanger, puis je suis venu en Espagne il y a quelques années pour étudier à l’université, mais maintenant je suis condamné à quitter ce pays et achever mes études dans un autre européen pays, parce que le nouveau décret multiplie nos frais de scolarité par six, ce qui signifie la fin pour nous ici».

… au mutisme de l’Ambassade d’Espagne au Maroc

L’inquiétude des étudiants marocains parait d’autant plus légitime que la position de l’Espagne au sujet du traitement particulier du cas marocain parait des plus équivoques. Car si le conseiller culturel de l’ambassade du Maroc en Espagne, M. Chaoudri, laisse entendre que les signes envoyés par les responsables ibères sont favorables à la reconnaissance de la convention bilatérale de 1982, l’ambassade d’Espagne au Maroc n’émet quant à elle aucun signe, ni positif, ni négatif, qui infirme ou confirme cette thèse. Une de nos sources sur place nous signifiait d’ailleurs ce matin qu’ «aucun communiqué officiel ne serait fait en ce sens pour le moment» mais que des «compromis seraient trouvés entre le gouvernement Rajoy et Benkirane» pour solutionner la problématique posée par la hausse des frais de scolarité.

Que cache la langue de bois pratiquée par le gouvernement ibère ? Un malaise face au dilemme diplomatique dans lequel le respect, ou le non-respect, de la convention de 1982 le place ? Car si ladite est respectée, comment justifié auprès des étudiants non-communautaires de la péninsule le traitement de faveur accordé aux étudiants marocains (ces derniers s’impartiraient de frais d’inscription égaux à ceux que paient les étudiants espagnols soit entre 700 et 1400 euros + 15% à  20% de hausse) ? Et dans le cas contraire, quel impact le non-respect de la convention bilatérale de 1982 pourrait-il avoir sur les relations diplomatiques entre le Maroc et l'Espagne ?  

6000/9000?
Auteur : jack_shooter
Date : le 24 mai 2012 à 15h59
de 6000 à 9000 euros par an? Avec cet argent on peut étudier au Canada ou aux Etats Unis, au lieu de pourrir sa vie dans ce pays de racistes analphabètes.
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