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Maroc : Manifestation massive des enseignants contractuels malgré l'interdiction, plusieurs arrestations

Les enseignants contractuels ont massivement pris part à la manifestation de mardi, à l'appel de leur coordination nationale, défiant la décision d'interdiction annoncée par les autorités de Rabat. Suite l'intervention des forces de l'ordre, 19 enseignants dont une femme ont été arrêtés.

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La manifestation massive des enseignants contractuels, mardi à Rabat. / DR
La manifestation massive des enseignants contractuels, mardi à Rabat. / DR
La Coordination des enseignants contractuels a fait état de 19 membres arrêtés ou dont le sort reste inconnu, suite à la manifestation du mardi à Rabat. / DR

Malgré l’interdiction annoncée dimanche par les autorités locales de Rabat, les enseignants contractuels ont investi, mardi, la rue de la capitale, dans le cadre d’une manifestation massive à laquelle plusieurs sections locales de la coordination ont pris part. Faisant appel à la force publique, les autorités de Rabat sont intervenues pour disperser les manifestants et arrêter certains d’entre eux.

Selon la Coordination, le sort de 19 enseignants contractuels ayant pris part à cette manifestation reste «inconnu». La coordination, qui a publié la liste complète des enseignants «arrêtés ou dont le sort est inconnu», fait également état de «plusieurs blessés suite à l’oppression et la violence des forces de l’ordre». «Toujours dans le cadre de l’attaque violente menée par l’Etat contre la mobilisation de la Coordination nationale des enseignants contractuels afin d’appliquer ses plans visant à saper la gratuité de l’enseignement des enfants du peuple marocains et mettre fin à la fonction publique (…) l’Etat a mené des arrestations dans les rangs des enseignantes et enseignants lors de son intervention violente le 6 avril 2021», indique-t-elle dans un communiqué.

Parmi les personnes arrêtées, il s’agit notamment de l’enseignante Nezha Majdi, seule femme de la liste et qui a auparavant «exposé la réalité de l'oppression, des abus et du harcèlement sexuel» dont elle a fait l’objet lors de la manifestation du 17 mars dernier. Elle a été «brutalement arrêtée» sous les yeux de ses collègues ce mardi, traînée au sol puis portée par plusieurs éléments de la force publique, selon une vidéo partagée sur la page de la coordination.

Originaire d’El Jadida et travaillant à Agadir, l’enseignante a auparavant fait état, sur sa page Facebook, de la répression ayant touché ses camarades et a appelé l’Etat à «assumer ses responsabilités». Des sources associatives ont annoncé, ce mercredi, que sa garde à vue tout comme celles de ses camarades ont été prolongées. 

La coordination déterminée à poursuivre sa mobilisation malgré l'interdiction 

Pour la coordination, ces arrestations interviennent après des «convocations de mauvaise foi» ainsi que des «prélèvements» sur les salaires des enseignants grévistes. Son communiqué dénonce «l’intervention répressive brutale contre les enseignantes et les enseignants et toutes les formes d’intimidations et d’interdiction les ayant touché au niveau des gares routières et des gares ferroviaires». Dans ce sens, la coordination souligne son «attachement à l’avortement du recrutement par contrat et à l’embauche dans la fonction publique» et annonce une autre forme de manifestation prévue ce mercredi.

Dimanche soir, en prévision de la mobilisation des enseignants contractuels, les autorités de la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra ont annoncé l'interdiction de «tout attroupement ou rassemblement sur la voie publique», mettant en garde contre «toute violation des dispositions de l'état d'urgence sanitaire». Les autorités ont tenu à «rappeler à tous ceux qui appellent à ce genre de manifestations la nécessité de respecter la décision d'interdiction, en les tenant responsables de tout ce qui pourrait résulter d'actes contrevenant à cette décision, faisant part de leur volonté totale de faire face à toutes les pratiques qui enfreignent les lois et les règles en vigueur», précise le communiqué. Celui-ci intervient après une intervention musclée des autorités locales, le 17 mars dernier, contre les enseignants, et qui a été dénoncée par plusieurs syndicats.

Article modifié le 2021/04/07 à 18h12

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