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Parlement : Le PJD demande un vote de confiance au cabinet El Othmani

C’est inédit au Maroc. Le groupe des députés du PJD vient de demander à son secrétaire général et chef du gouvernement, Saad-Eddine El Othmani, de solliciter un vote de confiance à la Chambre des représentants. C'est la dernière réaction officielle des islamistes à la perte de la bataille du calcul du quotient électoral.

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Ce vendredi 5 mars, la plénière de la Chambre des représentants a connu a connu des rebondissements à commencer par un blocage de plusieurs heures. Habib El Malki a refusé de la présider en protestation contre la présence de tous les députés du PJD (124), la considérant comme une «violation des dispositions de l’état d’urgence sanitaire» en vigueur au Parlement depuis mars 2020. D'ailleurs dans son communiqué annonçant la réunion d'aujourd'hui, il a invité les participants à se conformer aux mesures préventives.

Les islamistes ne l’ont pas entendu de cette oreille, arguant que les projets de lois électorales inscrites à l’ordre du jour sont importants et exigent une telle présence. Les députés de la Lampe espèraient ainsi modifier l’issue du vote de l’amendement du quotient électoral en leur faveur, les autres groupes n'ayant envoyé qu'un nombre réduit de leurs élus. Après quelques heures de négociations en coulisse, la séance a pu débuter.

Le PJD demande d’opérationnaliser l’article 103 de la constitution

La séance de ce soir restera dans les annales politiques au Maroc : le président du groupe du PJD, Mostapha Ibrahimi, a invoqué l’article 103 de la constitution, arguant que le gouvernement a perdu sa majorité après le vote en faveur de l’amendement du calcul du quotient électoral et de l’abandon du seuil. Un appel adressé à Saad-Eddine El Othmani pour qu'il assume ses responsabilités.

Par ailleurs, le secrétariat général du PJD a donné son feu vert à la tenue d’une session extraordinaire du conseil national de la Lampe pour examiner la question du quotient électoral. Dans la matinée, à l’occasion d’une réunion interne du PJD, Saad-Eddine El Othmani a refusé de «porter atteinte au calcul du quotient».

En effet le texte de la loi fondamentale précise que «le Chef du Gouvernement peut engager la responsabilité du gouvernement devant la Chambre des Représentants, sur une déclaration de politique générale ou sur le vote d’un texte. La confiance ne peut être refusée ou le texte rejeté qu’à la majorité absolue des membres composant la Chambre des Représentants. Le vote ne peut intervenir que trois jours francs après que la question de confiance ait été posée. Le refus de confiance entraîne la démission collective du gouvernement».

Le représentant de l’Istiqlal, Omar Hjira, a répliqué à la requête du PJD, estimant que le chef de l’exécutif aurait dû demander un vote de confiance à la Chambre des représentants dès l’adoption de la loi-cadre de l’enseignement en juillet 2019.

Pour rappel, la Commission de l’Intérieur a adopté, mercredi 3 mars, la modification du calcul du quotient électoral sur la base des électeurs inscrits et non sur les votes validées, par 29 voix et 12 contre.  

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