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Maroc : L'émancipation des femmes passe par casser le «plafond de verre»

Publié
Photo d'illustration / DR.
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L'émancipation des femmes passe inévitablement par casser le «plafond de verre» que représentent les barrières sociétales et psychologiques et qui tendent à favoriser l'immobilisme féminin et renvoyer les femmes systématiquement à une position d'infériorité et de subordination, affirme le Conseil économique, social et environnemental (CESE).

«Un pays ne peut prétendre à un quelconque développement et progrès si la moitié de sa force vive– à savoir les femmes- en est exclue. A l'heure où le Maroc se mobilise pour aller vers un nouveau modèle de développement plus inclusif, il est inconcevable que des femmes subissent des violences et restent en marge des sphères de la vie socio-économique et civique», relève le CESE qui vient de publier une alerte à l'occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Malgré les avancées, des discriminations basées sur le sexe et des violations des droits des femmes subsistent encore et leur participation au développement demeure faible, déplore la même source, soulignant la nécessité d'opérer plusieurs changements pour promouvoir les droits des femmes. Le Conseil préconise ainsi trois grands changements (institutionnels et juridiques, opérationnels et socio-culturels), issus de ses rapports et avis consacrés à la promotion de l'égalité des sexes et la lutte contre toutes les formes de discrimination.

Le CESE met l'accent sur l'importance de d'abroger les dispositions juridiques contenus dans un certain nombre de textes de lois dont l'application porte préjudice aux mères célibataires et à leurs enfants et qui font obstacle aux droits de porter plainte pour viols (article 490 du code pénal), ajoutant qu'il convient également d'abroger les articles 21, 20 et 22 du Code la famille pour éradiquer le mariage des enfants.

Il s'agit aussi d'ériger la promotion de l'égalité et la lutte contre la violence à l'égard des femmes et des filles (tolérance zéro), en cause nationale prioritaire traduite dans une politique publique globale et transversale, s'appuyant sur un budget clairement identifié et sanctuarisé, ainsi que d'assurer le respect de la dignité et de l'intimité de la femme, y compris dans le contexte des procédures judiciaires et médico-légales.

En outre, le Conseil recommande de conditionner une partie de la subvention publique accordée aux partis politiques, aux syndicats et aux associations à l'atteinte d'un niveau minimum de représentativité de 30% des femmes dans leurs instances dirigeantes.

De même, le Conseil appelle à l'inscription de la sécurité des femmes, dans les transports publics et sur les lieux publics, au centre des préoccupations des politiques de la ville, des politiques de sécurité publique, des plans d’aménagement urbains et des programmes de logements et la promotion de l'accès de la femme rural au travail rémunéré, et l'amélioration de son autonomie financière.

Côté socio-culturel, il est question de promouvoir le débat public pour faire évoluer les mentalités sur les questions liées au mariage des enfants, à l’interruption volontaire de grossesse, et aux procédures successorales.

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