Menu

Grand Angle

L’Istiqlal accuse la CGEM de rouler pour le RNI

Le torchon brûle entre l’Istiqlal et la Confédération générale des entreprises du Maroc. Le parti de la Balance accuse ouvertement le patronat de mener des guerres politiques par procuration au profit d'un parti particulier et de proposer des lois sur mesure à des fins électoralistes. 

Publié
Le secrétaire général du parti de l'Istiqlal, Nizar Baraka, avec des membres du parti de la Balance. / DR
Temps de lecture: 3'

Le comité exécutif du parti de l'Istiqlal est vent debout contre les modifications introduites aux statuts de la Confédération générale des entreprises du Maroc, approuvées lors de la réunion de son conseil d’administration du 11 février. En effet l'article 4 de ces statuts précise que la CGEM est «essentiellement à vocation économique professionnelle, toute prise de position en faveur d’un parti politique ou toute prise de position à caractère religieux est, sous peine de sanctions, rigoureusement interdite au sein de la CGEM et ne peut être faite en son nom».

Conformément à ce texte, le conseil «a voté, favorablement avec une très large majorité, une résolution visant à préciser les conditions d'éligibilité à la présidence et vice-présidence générale de la CGEM», annonce l’organisation patronale dans un communiqué. Désormais, les candidats souhaitant occuper ces postes doivent justifier qu’ils n’appartiennent à aucune formation politique.

Une condition à laquelle s’opposent vertement les amis de Nizar Baraka. Pour le comité exécutif du parti de la Balance, la tentative de la CGEM de modifier ses lois vise «à priver ses membres qui souhaitent se présenter aux élections de leur droit constitutionnel à l'affiliation politique garanti par la Constitution et toutes les conventions internationales, sous prétexte de neutralité». L’instance considère les amendements validés par le conseil d’administration de la CGEM comme «une violation des principes de la Constitution et un acte discriminatoire contraire aux lois».

L’Istiqlal accuse la CGEM de défendre les intérêts d’«un parti particulier»

L’instance de la Balance a mis aussi en garde, dans un communiqué publié au terme de sa réunion du 15 février, contre «les conséquences de pousser la CGEM à mener des guerres politiques par procuration au profit d'un parti particulier et de proposer des lois sur mesure à des fins électorales». Une allusion qui viserait le RNI d’Aziz Akhannouch. 

L'Istiqlal, qui déclare être déterminé à s’opposer à cette ligne, se sent en effet visé par ces modifications, d'autant que la CGEM a déjà suspendu l'opération du renouvellement des bureaux de ses trois antennes au Sahara. Une élection qui aurait bénéficié au PI grâce notamment à l'influence du maire de Laâyoune et l'homme fort au parti, Hamdi Ould Errachid.

Le comité exécutif attire, par ailleurs, «l'attention sur le danger du mariage argent et politique au Parlement afin d'exercer des pressions pour adopter des amendements pour servir les intérêts de certaines entreprises spécifiques et pour renforcer leur domination». Le comité se réfère certainement à la polémique ayant suivi la hausse des droits de douanes (plus de 17%) sur les fibres de polyester importées introduite, sur proposition du groupe de la CGEM, lors du vote du projet de loi de finances 2021 en décembre à la Chambre des conseillers. Un amendement rejeté par le PJD, le PAM et l'Istiqlal en deuxième lecture par les députés au motif que son adoption sert les intérêts d’une entreprise particulière dont l’un des associés est l’ancien président du patronat, Salaheddine Mezouar.

Officiellement, la Confédération générale des entreprises du Maroc est «neutre». Pour mémoire, Salaheddine Mezouar a dû présenter sa démission du RNI en mai 2018 pour briguer la présidence de l’organisation patronale. Et si la CGEM échappe, pour l’heure, au contrôle de l’Istiqlal, le parti compte parmi ses relais l’Union générale des entreprises et des professions, présidée par Moulay Ahmed Afilal, qui n’est autre que le fils de feu Abderrazzak Afilal, ancien secrétaire général de l’UGTM, bras syndical du parti. Le PJD peut se targuer aussi de sa proximité avec l’Association Amal Entreprises qui avait organisé la visite controversée d’Erdogan au Maroc en 2013, à l'époque encore Premier ministre de la Turquie.

Article modifié le 17/02/2021 à 20h28

Soyez le premier à donner votre avis...
Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com