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Etats-Unis : Suspension de contrats d’armement pour deux pays arabes. Quid du Maroc ?

Les premiers virages de l'administration Biden avec les pays arabo-musulmans ont démarré. Si Wahington tient toujours aux accords d'Abraham, des ajustements pourraient éroder certains acquis.

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Antony Blinken, chef du département d’Etat américain / DR
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Premiers coups de semonce pour les pays du Golfe. L’administration Biden a suspendu des ventes d'armes à l'Arabie saoudite et de chasseurs F-35 aux Emirats arabes unis, afin de «réexaminer» la décision prise sous la présidence de Donald Trump, révèle l’AFP qui cite un haut responsable au département d'Etat américain. Les chasseurs furtifs avaient été promis à Abou Dhabi en échange de sa reconnaissance de l'Etat d'Israël.

Washington «suspend temporairement la mise en œuvre de certains transferts et ventes en cours de matériel de défense américain pour permettre aux nouveaux dirigeants de les réexaminer (…)  pour faire en sorte que les ventes d'armes par les Etats-Unis répondent à nos objectifs stratégiques», a-t-il ajouté. Il a toutefois tenté de minimiser la portée de la suspension, la qualifiant de «mesure de routine administrative typique de la plupart des transitions».

Le 19 janvier lors de son audition devant la Commission des Affaires étrangères au Sénat, le nouveau secrétaire d'Etat américain Antony Blinken s'est engagé «à mettre fin» au soutien de son pays «à la campagne militaire menée par l'Arabie saoudite au Yémen».

Quid du Maroc ?

Cette «suspension temporaire» affectant deux alliés de Washington -dont un ayant conclu un accord avec Israël-, ne concerne pas le Maroc, autre grand client de l'industrie d'armement des Etats-Unis. Tous les regards sont tournés vers Blinken au sujet de la reconnaissance de la marocanité du Sahara occidental par Donald Trump, le 10 décembre dernier, dans le cadre des accords d'Abraham.

Antony Blinken  a affirmé, le 19 janvier lors de son passage devant la Commission des Affaires étrangères au Sénat, pour approbation de sa nomination à la tête de la diplomatie américaine, qu’il envisage d'«examiner attentivement les engagements qui ont pu être pris dans le contexte de la normalisation des relations» entre des pays arabes avec Israël.

Des propos qu’il a réitérés lors de son premier point de presse, qu’il a animé ce mercredi 27 janvier, avec la casquette de chef de la diplomatie. Sur le Maroc, le chef de la diplomatie a préféré éluder la question, insistant sur les contrats d'armement,  les Houthies (Yémen) classés comme groupe terroriste par Mike Pompeo ou encore le dossier iranien.

Si Antony Blinken souffle pour le moment le froid, Jack Sullivan, le conseiller à la sécurité des Etats-Unis, s'est montré plus mesuré quant aux accords d'Abraham. En témoigne le communiqué publié samedi 23 janvier par la Maison blanche suite à son appel téléphonique avec son homologue israélien, Meir Ben Shabbat. Les deux responsables «ont discuté des possibilités de renforcer le partenariat au cours des prochains mois, notamment en s’appuyant sur le succès des accords de normalisation conclus par Israël avec les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Soudan et le Maroc», souligne la même source.

Article modifié le 2021/01/28 à 09h40

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