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Islam de France : Ahmed Raissouni et la presse turque condamnent la «Charte des principes»

Ahmed Raissouni et l’Union internationale des oulémas musulmans, qu’il préside, ont rejoint la campagne lancée par la presse turque pour condamner la «Charte des principes» de France.

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Ahmed Raissouni, président de l’Union internationale des oulémas musulmans / DR
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Ahmed Raissouni ne décolère pas contre la France. Après la polémique sur l'affaire des caricatures du prophète, il a désormais dans le viseur l’organisation du culte musulman dans l'Hexagone. Dans un article publié ce vendredi 22 janvier sur son site, le président de l’Union internationale des oulémas musulmans la considère comme un «vaccin contre la propagation de l’islam (…) Un vaccin empoisonné, appelé "Charte des principes", qui oblige les imams des mosquées à se l’injecter, puis à l’inoculer au reste des musulmans en France».

Raissouni énonce ainsi un chapelet des contraintes auxquelles seront soumis les imams en France pour se conformer à la «Charte des principes». Ils doivent «admettre que la Charte prime sur les croyances et principes religieux ; ne pas calomnier ceux qui quittent l'Islam et choisissent une autre religion pour eux-mêmes, et ne pas les considérer comme des apostats ; s’engager à renoncer à un prosélytisme excessif de l'islam, car il "offense les consciences et contredit la liberté d'esprit et de cœur qui caractérise l'honneur humain" ; et rejeter toutes sortes d'ingérence étrangère et l’instrumentalisation de l'islam à des fins politiques».

Dans le sillage de la campagne lancée par la presse turque

La position exprimée par Raissouni est concomittante à celle défendue le même jour par le député islamiste égyptien Mohamed Saghir, membre de l’Union internationale des oulémas musulmans. Ce dernier affirme que la «Charte atteste de la vision de l'extrême droite de l'islam qui domine l'humeur occidentale».

La sortie de l'ex-président du Mouvement unicité et réforme intervient dans le sillage de la campagne lancée par des médias turcs contre cette même «Charte des principes». Le Courrier international a d'ailleurs relayé plusieurs extraits publiés par la presse gouvernementale à Ankara. «Dans les lieux de prière, sur l’éducation, ou sur internet , on s’attaque de tous les côtés à la vie des musulmans, on les ostracise et on restreint leurs libertés», s’indigne le quotidien islamiste Yeni Akit, qui considère que cette charte s’inscrit dans «la persécution française contre les musulmans et la guerre contre l’islam menée par l’administration Macron», rapporte la publication française. Pour sa part le quotidien Sabah dénonce un texte «fasciste qui vise à effacer la religion et la culture des musulmans».

L’Union internationale des oulémas musulmans, proche du Qatar et de la Turquie, a invité dans un communiqué le gouvernement français à «cesser d’interférer dans les spécificités de l’islam et de le traiter sur le même pied d’égalité que les autres religions» dans ce pays. L’organisation a appelé aussi «les sages de France et du monde à rejeter absolument le racisme et la discrimination religieuse pratiquée contre l'islam et les musulmans».

Au Maroc, les principales enseignes islamistes n’ont pas encore commenté la «Charte des principes». Le Mouvement unicité et réforme a seulement fait état du refus de trois fédérations du CFCM de signer le document.

La Charte des principes a été signée par les fédérations membres du tour de table du Conseil français du culte musulman, à l’exception du Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), Millî Görüs (CIMG) et le mouvement Foi et Pratique, proche des prédicateurs du Tabligh. Principaux griefs dans le contenu du texte : l'allusion à la Turquie en tant que pays attaquant la France, et la citation explicite des Frères musulmans, du Wahabisme et du Tabligh comme mouvements islamistes non grata au sein de l'islam de France.

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