Menu

Article

La normalisation entre le Maroc et Israël s'accélère

Si le faste et les «déclarations d’amour» ont pris le dessus lors de l’annonce de la normalisation des relations entre des pays arabes et Israël, avec le Maroc tout ce qui relève du folklorique a été écarté au profit de réunions sérieuses.

Publié
DR
Temps de lecture: 2'

La normalisation entre le Maroc et Israël avance à grande vitesse. Les réunions entre les ministres des deux gouvernements s’enchainent et concernent presque tous les départements. Chacun des intervenants apporte sa pierre à l’édifice pour le renforcement de la coopération entre les deux pays, conformément aux orientations tracées dans le communiqué du cabinet royal du 10 décembre, insistant sur la «reprise de contacts officiels avec les vis-à-vis et les relations diplomatiques dans les meilleures délais».

Le cap tracé, très vite ont commencé les discussions pour la conclusion d’un accord de libre échange. Un objectif que le ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Economie verte et numérique, Moulay Hafid Elalamy et le ministre israélien de l’Economie et de l’industrie, Amir Peretz ont abordé à deux reprises : le 28 décembre et le 21 janvier.

En attendant la réalisation de ce grand objectif pour les deux pays, notamment pour leurs intérêts en Afrique, des discussions ont été engagé, le 31 décembre, entre la ministre israélienne du Tourisme, Orit Farkash Hacohen, et son homologue marocaine, Nadia Fattah Alaoui pour l’ouverture de lignes aériennes directes. Les deux pays ont d'ailleurs signé, ce jeudi, un accord aérien pour le lancement de vols directs.

Le ministre de l’Energie et des Mines, Aziz Rebbah, a de son côté pris part à une réunion avec le titulaire du département de l’Energie au gouvernement Netanyahu consacrée aux énergies renouvelables. Abdelouafi Laftite a rejoint cette semaine le mouvement avec le ministre de l’Intérieur Aryé Makhlouf Dery.

La normalisation marocaine constitue une «exception»

Cette proximité retrouvée, après deux décennies de rupture officielle, intègre également la culture, avec l’annonce du cinéaste Jérôme Cohen-Olivar de la signature de la première co-production cinématographique maroco-israélienne. Le sport complète cet ensemble. Le 1er janvier, le président de la Fédération royale de football a ainsi examiné avec son homologue israélien l’organisation de matchs de football entre leurs équipes nationales.

Cette vitesse avec laquelle avance la normalisation avec le Maroc ne relève pas du hasard. Elle n’est que la conséquence d’initiatives prises dès les premières heures des retrouvailles. Contrairement aux précédents accords de paix signés avec les Emirats arabes unis et le Bahreïn, celui avec le royaume revêt une particularité. Au niveau protocolaire, sa signature le 22 décembre s’est faite au palais royal de Rabat et en présence du roi Mohammed VI alors que les autres étaient conclus le 15 septembre au jardin de la Maison blanche et sans la participation du prince héritier Mohamed Ben Zayed ou du roi Hamad.

La cérémonie au Maroc était précédée de réunions entre responsables du gouvernement israélien et de ministres du cabinet El Othmani (Tourisme, Transports et Equipement et Commerce et Industrie) et suivie dans la foulée par la signature d’un accord et de trois mémorandums d’entente.

Ces réunions ont bénéficié de la volonté politique des deux chefs d’Etats. A l’occasion d’un appel téléphonique du 26 décembre, ils ont mis l'accent sur l'établissement de fortes relations intégrant tous les secteurs. Côté israélien, le cabinet Netanyahu a déjà nommé David Govrin à la tête de son bureau de liaison à Rabat alors qu’une délégation technique s’est rendue à Tel-Aviv pour visiter le siège de la représentation diplomatique.

Cette normalisation à grande vitesse n'a pas été suivie de grandes manifestations des mouvements pro-palestiniens au Maroc.

Emission spécial MRE
2m Radio + Yabiladi.com