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Retard des vaccins contre la Covid-19 : La faute à «la forte demande internationale» , selon El Othmani

Le Maroc est «prêt» pour lancer son opération de vaccination contre le coronavirus, a affirmé ce mardi, le chef du gouvernement. Devant les conseillers au Parlement, il a expliqué que le retard du lancement est causé par la «forte demande» des vaccins au niveau international.

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Le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani au Parlement. / DR
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Le gouvernement est mobilisé pour débuter la campagne de vaccination contre le Covid-19 dès la réception des lots des deux vaccins choisis par le Maroc, a affirmé Saadeddine El Othmani, ce mardi à Rabat. Intervenant sur «La stratégie nationale de vaccination contre la Covid-19», lors de la séance mensuelle des questions relatives à la politique générale à la Chambre des conseillers, le chef du gouvernement n’a pas non plus apporté une réponse définitive à une question qui occupe tant les Marocains.

«Il est normal de se poser la question quant à l’opération de vaccination et que les gens réclament une date», a-t-il estimé, en expliquant que le retard constaté est principalement dû à la «la forte demande» au niveau international.

«Comme vous le savez, au niveau mondial, tout le monde veut le vaccin et les demandes avoisinent 10 milliards de doses. Or, les fabriquants ont des capacités de production limitées face aux demandes et aux pressions.»

Saadeddine El Othmani

Le chef du gouvernement a expliqué que «les pays qui fabriquent les vaccins ne les exporteront qu’après avoir servi leurs citoyens». «Certains recourent aussi à la spéculation pour acheter des lots et proposent des prix 5 voire 9 fois plus chers que le prix normal», regrette-t-il. «C’est normal d’avoir du retard, mais dès que nous démarrons, nous finirons par réussir. Nous avons l’espoir d’acquérir ces lots de vaccin», ajoute-t-il.

Saadeddine El Othmani a donné l’exemple de l’Europe, notant que le programme de vaccination a été interrompu dans certains pays, faute de vaccins suffisants.

Les raisons du choix de Sinopharm et AstraZeneca

Mais pour faire taire les voix qui se lèvent pour critiquer son cabinet, le chef de l’exécutif a affirmé que le pays «est prêt pour réussir l’opération qui démarrera dès la réception des lots», tandis que «les responsables suivent quotidiennement ce dossier avec les fournisseurs».

Saadeddine El Othmani a toutefois expliqué, pour la première fois, les facteurs ayant déterminé le choix de Sinopharm et AstraZeneca comme fournisseurs. «Il est normal que les citoyens demandent pourquoi ces sociétés. Ils ont été approuvé par le comité scientifique pour deux facteurs», enchaîne-t-il. Il s’agit de la «la sûreté et l’expérience, car ces deux vaccins adoptent une technique traditionnelle dite du virus inactivé, ce qui a été un choix logique. De plus, il s’agit aussi de la facilité de transport et de stockage du vaccin», précise-t-il. De ce fait, «les défis logistiques ont empêché pour le moment de se tourner vers d’autres vaccins».

Saadeddine El Othmani a toutefois souligné que la vaccination, à elle seule, ne suffit pas pour faire face à la pandémie. «La vaccination est un maillon important mais il doit être suivi par d’autres mesures pour consolider nos acquis», a-t-il ajouté. Malgré l’amélioration de la situation épidémiologique au Maroc ces dernières semaines, «cela ne veut pas dire que nous avons dépassé cette crise et il faut plus de vigilance». «J’appelle les citoyens encore une fois à plus de patience et d’adhérer aux mesures annoncées par le gouvernement», conclut-il.

Des arguments qui convainquent peu les conseillers

Les arguments d’El Othmani pour justifier le non démarrage de la campagne de vaccination n’ont cependant pas convaincu certains conseillers. «Au moment où les pays se lancent dans une course pour acquérir les meilleurs vaccins et sauver leurs citoyens, le gouvernement peine encore à mettre en œuvre la stratégie nationale de vaccination», a fustigé le PAM. «Les orientations royales ne sont pas suivies par un travail gouvernemental efficace pour lutter contre cette pandémie», a-t-il pointé.

«Alors que le gouvernement a réussi la fermeture des villes et la prolongation de l’Etat d’urgence sanitaire, sans proposer d’alternatives, la déclaration du ministre de la Santé vient aggraver cette crise, en annonçant qu’il n’y a pas de date de vaccination. Vous avez dit que ce sera bientôt, avec 65 millions de doses. Où sont-elles ? Ce vaccin serait-il reçu dans les délais ? Et y a-t-il déjà un délai et qu’elles sont les garanties avec les laboratoires ?»

Elu du PAM

«Vous êtes un gouvernement bon à rien. Certains refuseront le vaccin à cause de vous», a lancé, pour sa part, le représentant du groupe de l’Istiqlal à la Chambre haute. «Nous aurions voulu avoir une date de vaccination. Vous n’êtes pas capables de gérer les crises», a-t-il fustigé.

Le PJD a pris la défense du gouvernement, appelant à «oublier les surenchères politiques et les tentatives de certains pour gagner des points à la vielle des élections». «Il y a des défis mais il faut les définir et les dépasser», a ajouté un élu pjdiste, appelant à plus de «communication et de transparence» avec le citoyen.

Plus mesuré, le Mouvement populaire a salué les efforts pour la préparation de cette campagne, tout en regrettant que le flou sur la date de vaccination «ouvre la voie aux rumeurs et au doute». «Nous déplorons l’absence de communication à ce sujet et appelons le ministre de la Santé à expliquer ces raisons aux citoyens», a-t-il plaidé.

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