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Sahara : L’Angola a déçu Sabri Boukadoum

L’Angola du président João Lourenço, au pouvoir depuis septembre 2017, continue son rapprochement avec le Maroc. En témoigne l’absence de la question du Sahara dans les entretiens avec Sabri Boukadoum.

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Sabri Boukadoum, ministre des Affaires étrangères algérien à Luanda / DR
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Dans la tournée du ministre des Affaires étrangères en Afrique australe, l'étape angolaise n'a pas été concluante. Contrairement aux escales en Afrique du sud et au Lesotho, les entretiens de Sabri Boukadoum avec son homologue angolais Téte António n’ont pas été sanctionnés par la publication d’un communiqué conjoint.

Pire, le traitement de l’agence angolaise de presse a fait l’impasse sur la question du Sahara occidental, principal objet de la tournée du chef de la diplomatie algérienne. Le média officiel s'est contenté de diffuser ce jeudi une dépêche intitulée : «L'Angola et l'Algérie réaffirment leur détermination dans la lutte contre le terrorisme».

Le texte précise que «les deux États conviennent de renforcer la coopération dans les domaines politico-diplomatique, économique, commercial, de la défense et intérieur, des ressources minérales et pétrolières, du tourisme, de la formation du personnel, de la promotion des investissements, entre autres».

A Luanda, Sabri Boukadoum a été également reçu par le président João Lourenço. Là aussi, le dossier du Sahara n’a pas été évoqué. «L'Angola et l'Algérie ont des liens historiques sur le continent africain, nous comptons donc mettre en œuvre des actions pour faire face aux défis du présent», a déclaré le chef de la diplomatie dans des déclarations à la presse au sortir de sa réunion avec le chef de l’Etat.

Boukadoum repart bredouille

Seule l'agence de presse algérienne a évoqué le dossier du Sahara. La rencontre entre Boukadoum et son homologue «a donné lieu à un échange approfondi sur les questions politiques, de paix et de sécurité en Afrique, particulièrement les situations prévalant respectivement en Libye, au Mali, au Sahara Occidental, dans les régions du Sahel et de l’Afrique Centrale, en République centrafricaine et en République Démocratique du Congo (RDC)», indique l’agence publique.

Si l’Angola n’a pas encore retiré sa reconnaissance de la «République arabe sahraouie démocratique (RASD)», force est de constater le rapprochement avec le Maroc depuis l’arrivée au pouvoir de João Lourenço, le 26 septembre 2017. Le président a rencontré le roi Mohammed VI en marge du sommet Union africaine et Union européenne, organisé fin novembre 2017 à Abidjan, et à Brazzaville le 29 avril 2018 en marge des travaux du 1er Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Commission Climat et du Fonds bleu du Bassin du Congo. Deux réunions suivies par une visite à Rabat effectuée en juillet 2018 par l’ancien ministre angolais des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto.

L’Angola de João Lourenço, ancien ministre de la défense de Dos Santos, veut se libérer des carcans de la Guerre froide, mais sans rompre avec ses alliés durant la guerre civile. En témoigne sa participation en mars 2019 à la conférence organisée à Pretoria en faveur du Polisario et une autre tenue à Marrakech soutenant le processus mené par les Nations unies pour le règlement du différend territorial.

Cette position a été d’ailleurs confirmée en octobre dernier par le représentant permanent de l’Angola à l’ONU lors de son intervention devant la 4e commission chargée des questions politiques. Le diplomate a souligné «l'urgence de parvenir à une solution pacifique, juste et durable au conflit du Sahara occidental».

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