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Etats-Unis : Le Maroc regrettera-t-il les années Trump ?

Depuis son accession au trône, le roi Mohammed VI a rencontré tous les présidents des Etats-Unis à l’exception de Donald Trump. Pourtant, sous la présidence du milliardaire que Rabat a eu d’excellentes relations avec Washington.

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Le président Donald Trump et Lalla Joumala Alaoui, ambassadrice du Maroc aux États-Unis, en 2017. / Ph. MAP
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Le mandat de Donald Trump à la Maison blanche entame sa dernière ligne droite. Plus qu’une semaine nous sépare de l’investiture, le 20 janvier, de Joe Biden en tant que 46e président des Etats-Unis. Indéniablement, les relations maroco-américaines ont bénéficié des quatre années au pouvoir du milliardaire républicain. Néanmoins, le début était difficile, avec un rendez-vous privé raté entre le roi Mohammed VI et Donald Trump.  

«Mohammed VI sera l’hôte d’un déjeuner offert par le président américain, dimanche 16 avril (2017)», annonçait l’hebdomadaire Jeune Afrique qui citait des «sources proches du Palais». Le souverain était alors à Cuba pour y passer des vacances et balisait en même temps le terrain des derniers écueils devant la reprise des relations diplomatiques avec La Havane, avec l'accord officiellement signé le 21 avril 2017 à New York, après une rupture de 37 ans.

Heureusement que cet incident n’a pas pris en otage l’évolution des liens entre Rabat et Washington. Au Conseil de sécurité, le peu d’intérêt qu’accordait la nouvelle administration à la question du Sahara occidental était rassurant pour les officiels marocains, d’autant qu’ils ont dû croiser, en 2013, le fer avec l’équipe de Barak Obama sur le même dossier. Ce n’est qu’après la nomination, le 9 avril 2018, de John Bolton en tant que conseiller à la sécurité des Etats-Unis que le royaume a commencé à se soucier des décisions que pouvait prendre ce grand défenseur des thèses du Polisario à Washington.

L’agitation de Bolton sans effets

Néanmoins, sa marge de manœuvre est restée réduite. A l’exception d’une réduction du prolongement du mandat de la MINURSO d’une année à six mois en avril 2018, d’une rencontre secrète avec des membres du Polisario et ses réunions avec l’ancien envoyé pour le Sahara occidental, Horst Köhler, l’effet Bolton relevait plus de l’agitation politicienne, qui intéressait la presse après chacune de ses sorties médiatiques, que d’une réelle influence sur le cours du différend territorial.  

Quelques mois avant son limogeage, acté le 10 septembre 2019, Bolton a d’ailleurs cessé d’aborder le sujet. Et pour cause, le Maroc était engagé dans la nouvelle stratégie de Donald Trump au Moyen-Orient, appelée le «Deal du siècle», le Processus de Varsovie et la normalisation de pays arabes avec Israël. 

Officiellement, le royaume a pris part au «Deal du siècle» à l’occasion de la visite de Jared Kushner effectuée à Rabat en juin 2019, marquée par ses entretiens avec le roi Mohammed VI. Quatre mois auparavant, le ministre délégué aux Affaires étrangères, Mohcine Jazouli participait, le 14 février 2019 dans la capitale polonaise, aux côtés du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu au coup d’envoi des sessions du Processus de Varsovie.

Cette proximité entre Rabat et Washington sur des questions géostratégiques va se confirmer par la visite de Mike Pompeo au royaume en décembre 2019. Bien qu’il n’ait pas été reçu par le roi Mohammed VI, les deux pays ont poursuivi leur coopération, marquée essentiellement en octobre 2020 par la signature du très important accord militaire d'une durée de dix ans et la reconnaissance le 10 décembre de la reconnaissance de la marocanité du Sahara.

L'excellence des relations maroco-américaine sous l'administration Trump, va-t-elle se confirmer durant le mandat Biden ? 

Article modifié le 2021/01/13 à 15h20

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