Cela faisait une dizaine de jours que ses amis et ses proches s’étaient mobilisés pour le retrouver. Ihsane Jarfi, un Marocain de 32 ans, résidant à Liège, en région wallone de Belgique, a malheureusement été retrouvé mort. Son cadavre a été découvert dimanche dernier dans un champ situé à Villers-le Temple, section de la commune de Nandrin, par deux hommes qui se promenaient dans les parages. La police judiciaire fédérale belge, qui avait auparavant diffusé un avis de recherche le concernant, a procédé à l’identification du corps, a fait savoir la presse belge, mercredi 2 mai.
Les faits remontent à la nuit du 22 avril dernier, jour où la victime a été aperçue en vie pour la dernière fois. Ce soir là, Ihsane Jarfi sortait de l’Open Bar, une boite de nuit gay située au centre ville de Liège. C’est là qu’il a été vu en train de monter dans une voiture Volkswagen grise, avec quatre personnes à bord.
Trois suspects arrêtés
Les quatre personnes en question ont été identifiées par la police belge. Trois d’entre eux, à savoir Jeremy W., Jonathan L., et Mutlu K, ont été placés en état d’arrestation. La quatrième personne, dont l’identité n’a pas été révélée, est toujours recherchée par la police. Selon la version relatée par Jeremy et Jonathan, les quatre présumés auteurs du crime avaient d’abord proposé à une jeune femme de les accompagner dans une virée. Celle-ci aurait décliné l’invitation. Ihsane se serait alors proposé pour se joindre à eux. Selon eux, la victime leur aurait fait des avances sexuelles. Ils l’auraient alors extrait de force du véhicule avant de le rouer de coups de poings et de pieds. Les deux suspects affirment cependant que la victime était encore en vie lorsqu’ils ont quitté les lieux. Mutlu K, lui, a nié tout les faits.
Un crime homophobe ?
Pour la fédération wallonne des associations de gays et de lesbiennes Arc-en-ciel Wallonie, il s’agit certainement d’un meurtre homophobe. «Le caractère homophobe de l'agression d'Ihsane Jafri est bien avéré selon nos informations», a indiqué, ce jeudi 3 mai, Vincent Bonhomme, coordinateur de projets au sein de la fédération. «Il s'agit du premier meurtre homophobe en Belgique, ce qui nous amène à penser que l'homophobie est sous-estimée par la population et les pouvoirs publics, qui doivent proposer un plan de lutte contre la discrimination», déplore-t-il. Arc-en-ciel Wallonie a, par ailleurs, rendu hommage à la victime à travers un texte intitulé «Mourir d’être soi», publié sur le site web de la fédération.
«Le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme se constituera partie civile si le parquet confirme qu'il s'agit d'un crime homophobe», a fait savoir, de son côté, Edouard Delruelle, directeur-adjoint du centre. L’enquête se poursuit. Les trois individus interpellés devront, quant à eux, comparaitre demain, vendredi 4 mai, devant la justice.


chargement...






