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France : Des élus municipaux alertent sur l’islamophobie ambiante

Publié
Photo d'illustration / Ph. Karine Pierre - Hans Lucas - AFP
Temps de lecture: 2'

Les dérives «racistes, anticonstitutionnelles et contre-productives» des actions gouvernementales françaises ont été dénoncées par plus de 70 élus municipaux, qui ont signé une tribune d’indignation contre le silence entourant ces mesures. «Si nous restons silencieux, le pays que nous aimons et auquel nous tenons, tombera encore plus dans le piège du racisme et de la haine, au seul profit de l'extrême-droite et des terroristes», écrivent-ils.

«Face à l’émotion et à la sidération collectives» liées aux récents attentats que les élus ont également dénoncés, ces derniers auraient «tant aimé que le gouvernement français en appelle à l’unité et à une remise en question de sa lutte antiterroriste». «Au lieu de cela, nous avons assisté à une véritable offensive politique contre la liberté d’association et d’expression», déplorent les signataires en estimant que la campagne contre les musulmans en France «est une attaque contre chacun d’entre nous».

«Les corps des victimes n’étaient pas encore enterrés que le gouvernement français et les médias ont utilisé et exploité leurs morts tragiques pour criminaliser les musulmans», ajoutent les élus, y voyant une rhétorique d’extrême-droite «désormais normalisée» dans le discours politique mainstream.

Les signataires citent notamment les «perquisitions au domicile de personnalités musulmanes, d’associations éducatives, d’organisations caritatives et à la fermeture d’une mosquée». Ils rappellent aussi que «le ministre de l’Intérieur a, par ailleurs, annoncé le contrôle d’une cinquantaine de structures, associatives ou religieuses, et la dissolution de plusieurs d’entre elles».

Les élus ont également commenté la récente dissolution de BarakaCity et du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), soutenant que «ces organisations n’ont absolument rien à voir avec les meurtres». Fustigeant une «répression totalitaire», qualifiant ce traitement d'attitudes «racistes, anticonstitutionnelles et contre-productives». «En tant qu’élus, attachés à l’Etat de droit, nous ne pouvons tolérer ces glissements. Les libertés fondamentales sont en jeu. Les droits humains sont en jeu. Et avec eux, la démocratie l’est aussi», s’inquiètent-ils.

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