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Grand Angle

L’Algérie censure la presse algérienne... et marocaine  

Après la censure de Yabiladi en septembre, puis d'autres sites d'informations marocains, des médias algériens ont indiqué ce mercredi qu’ils sont inaccessibles depuis l’Algérie, dénonçant une atteinte à la liberté de presse.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. / Ph. Ryad Kramdi - AFP
Temps de lecture: 2'

Que se passe-t-il dans l'Internet algérien ? En octobre dernier, des internautes basés en Algérie ont remonté à notre rédaction l’impossibilité de se connecter à Yabiladi.com. Un problème qui remonte en réalité depuis août 2020, quel que soit l'opérateur télécom du pays.

Après avoir mené l’enquête, il s’est avéré que le nombre de visiteurs depuis des adresses IP algériennes était en baisse depuis juillet dernier. Ainsi, de 478 000 visites en juin, l'audience a brutalement chuté en août (208 000 visites) pour finir à seulement 87 000 visites en novembre.

Pour tenter de comprendre les raisons et savoir s’il fait l’objet d’une censure de la part des autorités du voisin de l’Est, Yabiladi a ainsi pris contact avec l’Ambassade de l’Algérie au Maroc. Une source autorisée a botté en touche, avant de nous demander d’«envoyer un courrier par mail» avec nos questions. Etrangement, le responsable algérien nous a aussi suggéré de «prendre attache avec l’ambassade du Maroc à Alger», pour plus d’informations.

Une censure qui touche plusieurs médias algériens

La censure qui aura touché par la suite plusieurs sites d'informations marocains a également impacté des médias algériens. Ce mercredi, plusieurs médias algériens ont déclaré être victimes de censure de la part des autorités de leurs pays.

Ainsi, le tout nouveau site d’informations Twala, né le 15 octobre, a dénoncé dans un communiqué une «censure arbitraire qui a touché d’autre médias algériens ces derniers années». «Plusieurs lecteurs nous ont indiqué qu’ils ne peuvent plus accéder au site à partir des trois réseaux mobiles et de l’ADSL (…) C’est une atteinte à la liberté de presse et à la liberté d’informer en Algérie», ajoute-t-il.

Pour sa part, Casbah Tribune, média en ligne crée par le journaliste incarcéré Khaled Drareni, a également été bloqué en Algérie. Son équipe, citée par Interlignes qui est lui-même censuré depuis avril, confirme que l’accès y est «impossible sauf via VPN».

«Ils rejoignent ainsi la longue liste de médias censurés en Algérie notamment Interlignes Algérie et Radio M Post auxquels l’accès est interdit depuis plus de huit mois», dénonce-t-on. La liste des sites rendus muets semble longue et comprendrait également Tariq News, Maghreb Emergent, L'Avant-Garde Algérie.

Ces nouveaux cas de censure, qui touche à la fois la presse algérienne et marocaine, fait suite à la condamnation, en novembre, du site d’information TSA à une amende de 3 300 euros, adossée à une autre de 1 320 euros pour le directeur de publication. Le tribunal algérois de Sidi M’Hamed a même condamné le journaliste auteur de l’article a payé 1 320 euros pour le journaliste. Selon sa direction, TSA, considéré comme premier site d'informations dans le pays, n’est plus accessible en Algérie depuis juin 2019.

Les autorités algériennes ne semblent plus tolérer les informations qui ne suivent pas la ligne officielle, que la source médiatique soit algérienne ou marocaine.

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