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L’histoire du téléphérique maritime abandonné de Sidi Ifni

Dans la ville de Sidi Ifni, au sud-ouest du Maroc, les colonisateurs espagnols avaient construit, dans les années 60, un téléphérique unique, reliant la mer à la terre ferme. Les vestiges abandonnés de cette installation sont encore visibles jusqu’à nos jours.

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Le téléphérique maritime abandonné de Sidi Ifni, construit par l'Espagne en 1960. / DR
Temps de lecture: 2'

A l'extrémité sud du port de Sidi Ifni, ville située au sud-ouest du Maroc, un petit ilot en béton peut être vu de loin. Érigée non loin du rivage, la structure était une fierté locale pour la ville autrefois occupée par l'Espagne.

La structure abandonnée, construite par le colonisateur espagnol dans les années 1960, était un téléphérique maritime, d'un genre unique. Certains récits historiques font même référence à l'infrastructure maritime de Sidi Ifni comme étant le «seul système de téléphérique maritime de ce type au monde».

Plus concrètement, le petit bloc servait de quai de chargement pour les navires entrant dans le vieux port de la ville pour charger et décharger des cargaisons. L’installation était basée sur un système innovant unique. L'Espagne considérait ce système comme une solution inventive pour résoudre la problématique des eaux peu profondes près de la côte de la ville, ce qui les empêchait de construire un port régulier.

Selon Al Arab, les travaux pour la construction de ce téléphérique avaient été confiés à une entreprise française spécialisée, pour un coût financier estimé à l'époque à plus de 4 millions de dollars, pour le compte de la Direction générale des régions de l'Afrique de l'Ouest, qui gérait ce projet. «Les matériaux de construction de base étaient transportés des Îles Canaries par bateau», tandis que les travaux avaient duré plus de trois ans avant que le projet n’entre en service en 1965», selon un rapport du ministère marocain de la Culture.

Une station de téléphérique unique

Dans «The Rough Guide of Morocco», Mark Ellingham ajoute que l’installation était «reliée au continent par un téléphérique unique». Des wagons transportaient des marchandises et des passagers des navires en mer vers la terre et vice-versa. «Ces marchandises et ces personnes ont ensuite été transportées à terre dans des wagons soutenus par des pylônes géants qui dominent le port sur le rivage», écrit le magazine et agence de voyage Atlas Obscura, dans un article sur la structure abandonnée de Sidi Ifni.

La même source décrit «deux wagons, l'un en haut pouvant transporter plus de 300 passagers par heure, et l'autre en bas transportant plus de 10 tonnes de marchandises, à une distance de 1300 mètres». L’installation était équipée aussi d’un puissant moteur électrique pour l’alimenter.

Les restes des pylônes géants peuvent également être vus près du port, avec des câbles manquants. Ils permettaient de relier le quai en béton à une station intérieure située à quelques kilomètres, dans les falaises de la ville côtière.

«Aujourd'hui, cette ancienne station de montagne ressemble à un énorme bunker en béton en ruine. Des restes rouillés de ce système de transport peuvent encore être vus ici, y compris quelques vieux wagons et des marchandises abandonnées.»

Atlas Obscura

Les immenses pylônes abandonnés sont connus des habitants comme «Ancienne gare funiculaire», qui attire actuellement les touristes et visiteurs.

Photo d'illustration. / motorcycleexperiencesPhoto d'illustration. / motorcycleexperiences

Le système de transport unique a cessé de fonctionner et a été abandonné au milieu des années 1970 après que le colonisateur espagnol ait quitté la ville.  Le service de téléphérique avait, en effet, continué à servir jusqu'en 1975, soit six ans après que le Maroc ait repris le contrôle de Sidi Ifni.

Mais le projet est irrémédiablement tombé dans les oubliettes et négligé depuis, surtout avec la construction, par le Maroc, d’un port plus moderne dans la ville en 1989. 

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