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Algérie : Ces partis qui résistent à la condamnation de l’opération des FAR à El Guerguerate

En Algérie, des partis résistent encore à rejoindre le peloton des formations ayant condamné l’opération des FAR à El Guerguerate. Une résistance qu’ils expriment par l’arme du silence.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune. / DR
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Outre les médias, les partis algériens ont été aussi enrôlés dans la campagne de condamnation de l’opération du 13 novembre lancée par les Forces armées royales marocaines dans la zone d’El Guerguerate.

Si le Front de libération national, le Rassemblement national démocratique ou encore le Front de l’avenir ont dénoncé l’intervention marocaine, force est de constater que les critiques les plus virulentes à cet égard portent la signature d’Abdelkader Bengrina, le président du Mouvement El Bina.

Il ne s’est pas contenté du traditionnel communiqué pour exprimer son opposition mais a organisé un meeting politique pour tirer à boulets rouges sur le royaume. Une rencontre durant laquelle il a condamné «l’agression militaire marocaine menée contre les civils sahraouis». Et d’enchaîner en réaffirmant sa «solidarité absolue avec le peuple sahraoui, face aux menaces et aux attaques qui le visent».

Cet emballement à défendre le Polisario de la part de Bengrina n’est pas dénué de calcul politique. En multipliant ses appels du pied en direction du pouvoir militaire, l’homme se positionne déjà pour l’après-Tebboune. Aux élections présidentielles de décembre 2019, Bengrina avait occupé la deuxième place du podium avec 17,4% des suffrages exprimés contre 58,15% pour l’actuel locataire du palais Al Mouradia.

Des voix qui font défection

En revanche, des partis algériens manifestent une résistance à condamner l’opération des Forces armées royales menée à El Guerguerate. Il est lieu de citer les formations islamistes : le Mouvement liberté et justice sociale et le Front justice et développement, présidés respectivement par Abdellah Jaballah et Anouar Haddam. Deux figures historiques de l’islamisme en Algérie et ce, depuis la fin des années 80.

Ce silence n’est pas partagé par le Mouvement de la société pour la paix. Tout en se prononçant pour l’organisation d’un référendum au Sahara, le MSP a évité de qualifier l’intervention marocaine d’«agression», plaidant pour la relance de l’intégration maghrébine. Le texte consulté par Yabiladi a pris ses distances avec la sortie du président du parti, Abderrazzak Makri, qui a accusé, dans un post Facebook, les Emirats arabes unis d’être à l’origine des tensions. Une réaction motivée par la proximité du MSP avec les Frères musulmans.

Par ailleurs, les formations laïques traditionnelles d’opposition, telles le Rassemblement pour la culture et la démocratie ainsi que le Front des forces socialistes, continuent d'observer le silence. La relation entre le RCD et le pouvoir en Algérie est au bord de la rupture. Son président, Mohcine Belabbas a vu son immunité parlementaire levée récemment et certains de ses militants sont emprisonnés ou poursuivis par les tribunaux pour leurs participations au Hirak. Quant au FFS, il s’avère que l’ombre de son fondateur feu Houcine Aït Ahmed veille toujours sur le maintien d'une bonne relation avec le royaume.

Le Parti des travailleurs de Louisa Hanoune, poursuivie également en liberté provisoire dans le procès de Said Boutelika et le général Toufiq, observe également le silence.

Article modifié le 2020/11/19 à 20h20

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