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Belgique : L’immigration augmente le PIB et n’a «aucun effet néfaste» sur l’économie (BNB)

Contrairement aux défenseurs du discours anti-migration, sous prétexte de défendre l’équilibre économique et les emplois des habitants locaux, la Banque nationale de Belgique a indiqué que les ressortissants issus de l’immigration faisaient améliorer les indicateurs nationaux, à commencer par le PIB (3,5%).

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Photo d'illustration / DR.
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Ces cinq dernières années, le PIB belge a été «influencé positivement» par l’arrivée de personnes d’origine étrangère dans le pays, avec un progrès de 3,5%. Dans son étude sur l’impact économique de l’immigration, la Banque nationale de Belgique (BNB) a indiqué que ces retombées étaient positives «tant pour les flux d’immigrés d’origine européenne que pour ceux d’origine extra-européenne, avec un accroissement de 2% pour les premiers et de 1,5% pour les seconds». Grâce à cette dynamique, le produit intérieur brut par habitant a «augmenté de 0,7%».

A rebours de certains discours anti-migration développés ces dernières années en Europe, notamment par des dirigeant de l’extrême droite en Belgique, l’étude a montré que cette immigration n’avait «aucun effet néfaste» sur les salaires nationaux, le chômage, la participation à la vie publique et à l’activité, ou encore sur le revenu net et le bien-être des Belges «natifs» de parents belges. La BNB a même indiqué que «ceux qui courent le plus de risques» sont d’abord les personnes immigrées «déjà établies», car considérées comme étant «plus facilement substituables aux nouveaux arrivants».

Les Maghrébins en tête des populations migrantes hors-UE

En 2016, 69,8% de la population issue de l’immigration en Belgique a été identifiée comme native. Les immigrés de la première génération ont représenté 16,5% ceux de la deuxième génération 13,7%. Selon la BNB, «la distinction entre les immigrés européens (UE) et extra-européens (hors UE) est répartie plus ou moins équitablement entre la première et la deuxième génération, avec une proportion légèrement plus élevée d’immigrés extra-européens (respectivement 53,1 et 52,3 % pour la première et la deuxième génération)».

Parmi les immigrés de la première génération, 36% sont originaires d’un pays de l’Union européenne. Les Maghrébins constituent 14%, tandis que les ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne représentent 12%. 11% sont, pour leur part, issus d’un Etat nouvellement membre de l’UE, un autre pays européen ou candidat à intégrer l’UE (y compris la Turquie). Le Moyen-Orient constitue un ensemble de 12% des origines, tandis que ceux issus d’Amérique latine représentent 3%, au même titre que ceux d’Asie, d’Océanie et d’Extrême-Orient. 1% seulement sont des personnes nées en Amérique du Nord.

L’évolution positive sur l’économie belge, apportée par l’immigration ces cinq dernières années, s’explique surtout par la forte proportion de jeunes chez les nouveaux arrivants. Selon la BNB, ceci a permis de réduire «la proportion de personnes retraitées dans la population belge», grâce à «la vague récente d’immigrés» qui a ainsi «fait peser un fardeau moins lourd que la moyenne sur les dépenses publiques». Ces dernières ont «moins fortement augmenté (+2,2%) que la population (+2,7%)».

Une migration de plus en plus active

La population native est plus souvent en âge d’être à la retraite (22%, contre 13% pour les immigrés de la première génération et à peine 4% pour la deuxième génération)». Pour leur part, «les immigrés de la deuxième génération ont le plus souvent moins de 20 ans (46%, contre 21% pour les natifs et 12% pour les immigrés de la première génération)».

Mais la Belgique enregistre un des taux d’emploi parmi les plus faibles, pour les immigrés de la première génération dans l’UE. «En 2019, 61 % de ces immigrés avaient un emploi, soit près de 12 points de pourcentage de moins qu’une personne née en Belgique», reconnaît la BNB. «Si l’écart n’est pas aussi grand pour les immigrés venant d’un autre pays de l’UE (2 points de pourcentage par rapport aux natifs et un taux d’emploi de 71 %), le taux d’emploi des immigrés extra-européens ne dépassait pas 54%, soit près de 19 points de pourcentage de moins que les natifs».

Cela dit, l’analyse de ces données chez la deuxième génération «fait apparaître une amélioration de l’intégration sur le marché du travail», bien que les écarts «restent importants, avec une pénalité de 10 points de pourcentage pour la probabilité d’emploi et de 5 points de pourcentage pour la probabilité de participation au marché du travail par rapport aux natifs».

Cette étude estime que les indicateurs nationaux ne pourraient que bénéficier davantage de l’intégration des immigrés, puisque l’augmentation de leur taux d’emploi fera augmenter davantage le PIB. D’ailleurs, la BNB souligne que la Belgique fait partie des pays européens qui doivent fournir le plus d’efforts en termes de mixité économique, pour intégrer les étrangers au marché du travail.

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