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Elections 2021 : Chabat, El Omari et Benkirane, un éventuel retour du trio populiste pour limiter l’abstention ?

Les échéances électorales de 2021, sonneront-elles le retour de Hamid Chabat, Ilyas El Omari et Abdelilah Benkirane aux commandes de l’Istiqlal, le PAM et le PJD ? Le trio populiste est présenté comme remède à à l'abstentionnisme lors des prochains rendez-vous avec les urnes.

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Le retour de Hamid Chabat sur la scène politique sera-t-il suivi par ceux d’Ilyas El Omari et Abdelilah Benkirane ? Deux figures politique jouant du populisme, aux cotés de l’ancien secrétaire général de l’Istiqlal, mais qui ont subi le couperet de la mise à l’écart sans ménagement presque dans les mêmes conditions.

Chronologiquement, c’est Chabat qui a été le premier à être poussé vers la sortie lors du 17e congrès de la Balance, organisé à Rabat en septembre et octobre 2017. Un départ suivi par celui de Benkirane à l’occasion du 8e congrès du PJD tenu à Bouznika en décembre de la même année. El Omari a résisté quelques mois de plus avant qu’il ne soit forcé de céder le volant du Tracteur à Hakim Benchamach en mai 2018. Ces départs seblaient dessiner un plan visant à tourner la page populiste de la présidence des trois partis au profit d’une «nouvelle génération de leaders».

Avant que ne Chabat ne rentre de son «exil» en Turquie et en Allemagne, le 21 octobre dernier, Ilyas El Omari était déjà au Maroc. Une présence largement médiatisée grâce à la «fuite», mi-octobre, au sein du quotidien Assabah d’une «sanction» infligée par la Direction générale de la sûreté nationale à des policiers, dont un ayant le grade de commissaire à Rabat, pour avoir dispensé l’ancien chef du PAM du traditionnel rendez-vous en ligne pour renouveler sa carte d’identité nationale. Depuis ce retour au Maroc, Ilyas El Omari multiplie les contacts avec des notabilités politiques et financières à Tanger.

Abdelilah Benkirane est également logé à la même enseigne. Mais l’ancien chef du gouvernement est resté au Maroc pendant que Chabat avait choisi l’ «exil» turc et El Omari la résidence en Espagne. Des membres de la jeunesse du PJD se mobilisent actuellement pour l’organisation d’un congrès extraordinaire du parti et l’élection d’une nouvelle direction, par le lancement, en septembre, de l’ «Initiative évaluation et critique». Une opération qui séduit les militants y compris dans les rangs du conseil national que préside Driss Azami.

Le trio populiste pour limiter l’abstention ?

Trois années sont passées, et les successeurs de Chabat, El Omari et Benkirane peinent à asseoir leurs autorités. Nizar Baraka, l’actuel secrétaire général de l’Istiqlal, peut se targuer de ne pas subir de mouvement de contestation interne. Une situation qu’il doit surtout à l’influence de l’homme fort au sein de l’Istiqlal, Hamdi Ould Errachid, le maire de Laâyoune. Mais pour combien de temps ?

Quant à Abdellatif Ouahbi, il est contesté depuis le premier jour de son élection lors du 4e congrès du PAM, tenu début février 2020 à El Jadida. La fronde qui s’est organisée ne cesse de se renforcer par l'adhésion de nouveaux membres. En témoigne le communiqué publié le 25 octobre dénonçant la gestion de Ouahbi des affaires du parti et signé par des députés et anciens députés du PAM, dont l'actuel président de la Commission de l’Intérieur Hicham Elm'Hajri.

Quant à Saad-Eddine El Othmani, sa position n'est pas plus confortable que celle de Ouahbi au PAM. Depuis son élection en décembre 2017, le secrétariat général a dissout des sections et sanctionné des membres du parti qui ont osé transgresser certaines décisions de la direction de la Lampe. Son «dialogue interne» n’a pas rendu au parti l'unité du temps de Benkirane.

Un contexte de tension qui a impacté les résultats du PJD aux élections partielles à la Chambre des représentants et à la Chambre des conseillers qui se sont déroulées dans plusieurs circonscriptions. A l’exception de Tétouan et Inezgan, les islamistes ont perdu des plumes y compris dans leur bastion d’Oujda.

Au-delà des considérations et des calculs partisans, le pari du retour du trio populiste pourrait au moins limiter le taux d’abstention lors des prochaines échéances électorales. Avec des leaders moins charismatiques qui ne mobilisent pas les foules, l’affluence aux urnes risque en effet de dégringoler.

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