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Maroc : Les infirmiers et les techniciens de santé décimés par le nouveau coronavirus

Le ministère de la Santé a annoncé que près de 600 infirmiers et techniciens de santé auraient contracté le nouveau coronavirus en exerçant leurs fonctions. Mais selon le mouvement professionnel qui les représente, ils seraient plus de 1 000. La structure indique à Yabiladi que 15 à 20 en seraient mort.

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Photo d'illustration / DR.
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Cette semaine, le Mouvement des infirmiers et des techniciens de santé au Maroc (MISTAM) a annoncé l’organisation d’un sit-in devant le ministère de tutelle à Rabat, pour le 14 novembre prochain. Il s’agit de «la première action de protestation à laquelle la structure a appelée, après sa décision de suspendre toutes formes de manifestation depuis le début de l’état d’urgence sanitaire, dans le souci de pleine mobilisation dans la gestion de la pandémie du nouveau coronavirus», a déclaré à Yabiladi Mohamed Boukaddour, membre du bureau national de la structure et de sa commission d’information.

Si le mouvement a décidé de rompre la trêve, c’est parce qu’il estime que ce personnel «est le plus sollicité dans la prise en charge des patients, le plus exposé aux risques de la pandémie et le moins protégé à la fois». Sur la base des recoupements de chiffres par les sections régionales du MISTAM, Mohamed Boukaddour affirme que «le bureau national a comptabilisé plus de 1 000 infections des personnel de santé dans l’exercice de leurs tâches».

Il soutient également qu’«entre 15 et 20 seraient morts des complications de la covid-19, surtout parmi les plus âgés, ceux atteints de maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension, ainsi que les techniciens de radiologie et les sages-femmes, qui n’ont pas accès suffisamment au matériel de protection». «L’une d’elles s'apprêtait à partir à la retraite, mais elle a été gardée à son poste en raison des circonstances exceptionnelles ; elle nous a quittés avant-hier à Aït Melloul. Avant elle, une de ses collègues à l’hôpital de Moulay Youssef à Casablanca est décédée», a-t-il déploré.

Un désaccord sur la situation épidémiologique du personnel médical

Mais les statistiques du MISTAM diffèrent de celles annoncées par le ministère de tutelle, qui a «récemment déclaré devant le Parlement l’infection de près de 600 professionnels de santé», selon Mohamed Boukaddour. Ce dernier a ainsi exprimé ses regrets face à ce qu’il qualifie de «passage sous silence des chiffres réels liés au nombre de victimes de la covid-19 parmi le personnel soignant».

De ce fait, il reproche au département de «fermer les yeux sur les conséquences de la pandémie dans le milieu professionnel, au moment où il appelle à une mobilisation exceptionnelle». Mohamed Boukaddour alerte notamment sur les moyens de protection mis à la disposition des infirmiers et «qui commencent à manquer de manière inquiétante, face à une recrudescence générale de la propagation de la pandémie».

«Nous remplissons notre devoir en nous mettant en ligne de front contre ce virus, donc nous ne cherchons pas de reconnaissance qui s’illustrerait par un traitement de faveur, mais le minimum requis est de nous fournir en matériel de protection, et répondre à nos revendications légitimes sur notre situation administrative au sein de la fonction publique.»

Mohamed Boukaddour

Le ministère n'a toujours pas donné suite au dossier revendicatif porté par le MISTAM ; «le dialogue est au point mort», regrette le représentant de l'association. Mohamed Boukaddour appelle à appliquer «les recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en incluant la covid-19 aux maladies professionnelles».

Sur le plan national, il appelle également à «donner un accès plus élargi aux examens de qualification et de promotion administratives, en plus de la révision du statut des professionnels censés être promus depuis plusieurs années». Le MISTAM plaide aussi pour «la redéfinition juridique et légale des fonctions attribuées aux infirmiers, aux techniciens et aux aides-soignants», qui selon lui «remplissent des fonctions supplémentaires à leur rôle, faute de ressources humaines suffisantes».

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