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Maroc : Auto Nejma entraînée dans une affaire de trafic de pièces automobiles

Entreprise historique d’importation, de commercialisation de véhicules, des pièces de rechange et d’accessoires automobiles, Auto Nejma fait l’objet de poursuites judiciaires par certains de ses clients. Des agents de l’entreprise seraient impliqués dans le trafic de pièces, depuis le garage du concessionnaire.

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Photo d'illustration / DR.
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La police judiciaire de Rabat a démantelé, il y a quelques mois, un groupe soupçonné d’intenses activités de trafic de pièces automobiles au niveau national. Agés entre 28 et 29 ans, les six individus qui composent l’organisation se sont tous avérés être des salariés d’Auto Nejma, entreprise historique de vente et de réparation de voitures de grandes marques et concessionnaire exclusif au Maroc pour certaines.

Dans certaines plaintes, la responsabilité juridique de la société a été engagée, par le fait que les prévenus auraient usé de leurs fonctions pour mener leurs activités, en exploitant des véhicules en réparation au sein du garage de la structure. Selon les éléments de l’enquête, les techniciens et employés impliqués auraient procédé au changement de pièces originales de voitures en entretien, de manière à les remplacer par d’autres de moindre valeur, achetées au marché noir ou dans des magasins dans le nord du Maroc, notamment à Nador.

Celles démontées auraient ensuite été écoulées de manière irrégulière. Entendus par le Parquet général près de la Cours d’appel de Rabat, quatre des mis en cause sont poursuivis en état d’arrestation et deux autres le sont en liberté provisoire. Tous sont soupçonnés d’«association de malfaiteurs et vol qualifié».

Tout a commencé par des plaintes de clients, dont des entrepreneurs, des personnalités influentes ou encore des membres de corps diplomatiques à Rabat. En effet, ils auraient soupçonné des incohérences au niveau des pièces changées ou nécessitant changement, comparées aux descriptions présentées par le garage comme étant des réparations après accident des véhicules au sein du local.

Des accidents auraient permis de camoufler les activités de trafic

Consultée par Yabiladi, l’une de ces plaintes a été adressée initialement au tribunal commercial de la capitale. Un plaignant exige le versement de dommages et intérêts de la part de l’entreprise. Plus tôt, le client a en effet confié sa voiture au concessionnaire pour une légère visite d’entretien. Il a reçu ensuite un courrier, dont Yabiladi détient copie et où l’entreprise informe de «la survenance d’un accident de la circulation (…) lors d’un déplacement au niveau du parking» des ateliers Auto Nejma à Rabat.

Sauf qu’après comparaison de la description du sinistre tel que présenté par la société avec l’état de la voiture, une expertise technique consultée également par Yabiladi a conclu à la nécessité de recourir à la procédure de «véhicule gravement accidenté» (VGE). «Les dégâts constatés (…) ont été causés par un choc très violent contre un véhicule ou un objet fixe», indique le document.

Cependant, la même source a relevé que les dégâts constatés sur la voiture présentée comme étant celle ayant heurté la première «sont minimes et sans commune mesure avec ce qui est constaté» sur la quatre-roues entièrement endommagée. «Un choc aussi violent ayant causé l’explosion de l’airbag du client, devrait entraîner des dégâts graves sur les deux véhicules supposés être entrés en collision», indique l’expertise.

Elle ajoute que compte tenu d’éléments techniques et des dispositions légales limitant la vitesse dans les garages, «ce choc qui a causé l’explosion de l’airbag du véhicule du client se serait produit en dehors du garage de la société Auto Nejma». La vitesse de choc aurait ainsi «atteint ou même dépassé les 60 km/h». Selon les constats réalisés sur les lieux, le client accompagné d’un huissier de justice aurait été interdit de prendre des vidéos pour documenter l’état de sa voiture.

De même, il aurait été averti que l’un des airbags arrière de son véhicule risquait une explosion pendant le déroulement de l’expertise, ce qui confirmerait que le véhicule aurait roulé à vive-allure au moment du choc violent. Face aux révélations sur le démantèlement du réseau de trafic, des plaignants soupçonnent que ces accidents auraient permis aux suspects de couvrir leurs activités de changement et d’écoulement des pièces originales de plusieurs voitures.

Contactée ce mardi par Yabiladi, la direction d’Auto Nejma à Rabat a déclaré à notre rédaction ne pas être en mesure de commenter ces affaires, «tant que le dossier est toujours traité par la justice».

Article modifié le 2020/10/29 à 13h54

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