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#BoycottFrance : Succession de condamnations officielles pour le soutien aux caricatures du prophète

Du Maroc au Pakistan, les voix officielles se multiplient pour fustiger la republication des caricatures du prophète appuyée par le président français.

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En Libye dimanche, quelques manifestants ont piétinné des photos d’Emmanuel Macron et brûlé des drapeaux français. / Ph. AFP
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Dans les pays musulmans, les condamnations concernant la republication des caricatures du prophète, se succèdent et font tâche d’huile. Après la position exprimée par le Maroc, en Algérie c'est le Haut Conseil Islamique (HCI) qui a repris lundi le flambeau pour «condamner énergiquement cette campagne enragée contre la meilleure et la plus noble des créatures, le prophète Mohammad, symbole de la tolérance et de la coexistence, mais aussi contre l'Islam, religion de paix épousée par des centaines de millions de personnes dans les quatre coins du monde».

«L'opinion, quelle qu'elle soit, ne saurait être libre dans tous les cas, encore moins lorsqu'elle est exprimée à des fins immorales et attentatoires à la dignité humaine.»

HCI - Algérie

De son côté, la Mauritanie a exprimé le même jour «son indignation face à l'incitation contre l’Islam et aux provocations des musulmans à travers les insultes à l’encontre du Prophète Mohammad, Paix et Salut sur Lui». Nouakchott dénonce un «comportement qui n’a rien à voir avec la liberté d’expression et rejette toute action ou attitude de nature à inciter au racisme et à la haine». Malgré cette protestation officielle, le gouvernement n’a pas autorisé les manifestants à observer un sit-in devant l’ambassade de la France. Finalement, l’action s’est déroulée loin de la représentation diplomatique.

Des réactions qui dépassent le traditionnel communiqué de condamnation

Contrairement aux réactions mesurées dans les trois capitales maghrébines, Tripoli a choisi de hausser le ton, exigeant du président français Emmanuel Macron de «revenir sur ses propos provocateurs et à présenter ses excuses à près de 1,3 milliard de musulmans dans le monde», indique Mohamed El Kabalaoui, porte-parole du ministère libyen des Affaires étrangères  dans une déclaration lue à la presse.

En Tunisie, à défaut de réaction officielle c’est la contestation populaire qui s'est fait entendre. Dimanche, des centaines de Tunisiens ont manifesté à Tataouine (Sud-Est du pays), contre le soutien de Macron à la republication des caricatures du prophète. En revanche, le Mufti (la plus haute autorité religieuse au pays) n’a pas encore réagi.

Au Koweït, le ministère des Affaires étrangères s’est dit «fortement préoccupé par la publication à nouveau des caricatures insultant le prophète». Et de mettre en garde contre tout soutien apporté à ce type «d’outrage» contre des religions célestes ou contre le prophète Mohammed de par des propos politiques incitant à la haine et à la violence, ainsi que l’insistance à poursuivre ces actes, peuvent avoir des conséquences tragiques.

Même son de cloche au Qatar. Doha, connue pour sa proximité avec la Turquie et les Frères musulmans, a ordonné le report à une date ultérieure de la «Semaine culturelle française», prévue à l’université du Qatar.

Cette crise a, sans doute, consacré la popularité du président turc auprès d’une large partie des musulmans. Il a multiplié ses attaques directes envers Emmanuel Macron et s'est fait aussi le grand avocat de la campagne du boycott des produits français. Les tensions entre les deux chefs d'Etat prévalent depuis plusieurs mois.

Sur les traces d’Erdogan, marche le Premier ministre pakistanais, Imran Khan, qui a qualifié les propos de Macron du 22 octobre d’ «attaques contre l’islam». «Il est regrettable qu'il ait choisi d'encourager l'islamophobie en s'attaquant à l'Islam plutôt qu'aux terroristes qui pratiquent la violence, qu'il s'agisse de musulmans, de tenants de la suprématie blanche ou d'idéologues nazis», a écrit Khan dimanche sur Twitter. Lundi, son ministre aux Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur français pour lui signifier la «condamnation du Pakistan de la campagne islamophobe systématique conduite sous le prétexte de la défense de la liberté d’expression».

Pour rappel, en octobre 2019, la colère des islamistes menée par le leader religieux Fazlur Rehman a failli faire tomber le pouvoir d’Imran Khan.

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