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En plein boycott des produits français, le Maroc condamne la poursuite de publication des caricatures du prophète

Le Maroc a réagi à la détermination du président français de continuer à publier les caricatures controversées du prophète. Une position exprimée alors que le mouvement de boycott des produits français dans les pays musulmans prend de l’ampleur et crispe à Paris.

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Les tensions avec l'islam en France, devient un problème de la France avec le monde musulman. Après les appels au boycott des produits français dans plusieurs pays musulmans, le ton est monté entre Ankara et Paris suite aux propos du président Recep Tayyip Erdoğan, provoquant une crise diplomatique avec le rappel de l'ambassadeur de France en Turquie.

Ce dimanche, au tour du Maroc de condamner «vigoureusement la poursuite de la publication des caricatures outrageuses à l’Islam et au Prophète Sidna Mohammed, Paix et Salut sur Lui», indique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Sans pointer du doigt la France ou son président, «le Royaume du Maroc dénonce ces actes qui reflètent l’immaturité de leurs auteurs, et réaffirme que la liberté des uns s’arrête là où commencent la liberté et les croyances des autres».

«La liberté d’expression ne saurait, sous aucun motif, justifier la provocation insultante et l’offense injurieuse de la religion musulmane qui compte plus de deux milliards de fidèles dans le monde.»

Ministère des Affaires étrangères du Maroc

Tout en condamnant la poursuite de la publication des caricatures, le Maroc réaffirme sa «condamnation de toutes les violences obscurantistes et barbares prétendument perpétrées au nom de l’Islam», en référence à la décapitation de l’enseignement Samuel Paty par un jeune Tchéchène en région parisienne.

Inscrivant sa position dans celle partagé par les peuples de pays musulmans «le Royaume du Maroc, à l’instar des autres pays arabes et musulmans, appelle à cesser d’attiser le ressentiment et à faire preuve de discernement et de respect de l’altérité, comme prérequis du vivre-ensemble et du dialogue serein et salutaire des religions» conclut le communiqué.

Une position qui rejoint celle de l’Organisation de la Coopération Islamique, qui réunit 57 Etats musulmans, dénonçant «le discours de certains hommes politiques français, incitant à la haine et ne servant que des intérêts politiques partisans». La condamnation de l'OCI et du Maroc est un coup dur pour le président français qui avait rappeler sa détermination à continuer à publier les caricatures controversées. «Nous ne renoncerons pas aux caricatures, aux dessins», a-t-il martelé dans un discours prononcé le 23 octobre lors de la cérémonie d’hommage à l’enseignant Samuel Paty. 

Le Drian et Macron réagissent à la campagne de boycott des produits française

En plus des tensions politiques internationales, ce sont les intérêts économiques français qui sont menacés par la campagne de boycott des produits français dans les pays musulmans. Une menace prisr au sérieux par Paris, qui a réagit avec un communiqué du Quai d'Orsay ce dimanche 25 octobre. «Ces appels dénaturent les positions défendues par la France en faveur de la liberté de conscience, de la liberté d’expression, de la liberté de religion et du refus de tout appel à la haine», écrit le ministère des Affaires étrangères.

«En conséquence, les appels au boycott sont sans aucun objet et doivent cesser immédiatement, de même que toutes les attaques dirigées contre notre pays, instrumentalisées par une minorité radicale», enjoint le département de Le Drian, qui s'est départi du ton diplomatique de circonstance.

Après le texte de la diplomatie française, Emmanuel Macron a choisi Facebook pour adresser des messages en français, anglais et arabe aux musulmans : «Rien ne nous fera reculer, jamais. La liberté, nous la chérissons ; l’égalité, nous la garantissons ; la fraternité, nous la vivons avec intensité. Notre histoire est celle de la lutte contre les tyrannies et les fanatismes. Nous continuerons. Nous respectons toutes les différences dans un esprit de paix. Nous n'acceptons pas les discours de haine et défendons le débat raisonnable. Nous continuerons. Nous nous tiendrons toujours du côté de la dignité humaine et des valeurs universelles.»

Cette communication autoritaire de l'Etat français à l'égard de peuples musulmans souverains risque d'alimenter d'autant plus la campagne de boycott des produits français.

Article modifié le 2020/10/26 à 15h26

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