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Grand Angle

Attentat de Conflans : Brahim C. et Abdelhakim Sefrioui mis en examen pour complicité

Les deux Franco-marocains, Brahim C. et Abdelhakim Sefrioui, qui avaient mené une campagne sur les réseaux sociaux contre le professeur décapité Samuel Paty, ont été mis en examen.

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Photo d'illustration / Ph. Anne-Christine Poujoulat - AFP
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Après leur comparution hier, devant le juge antiterroriste, l’associatif Abdelhakim Sefrioui et le parent d’élève, Brahim C., ont été mis en examen pour «complicité d’assassinat terroriste». L’annonce a été faite, dans la nuit de mercredi à jeudi, par le parquet national antiterroriste, via l’AFP. Cette mesure a été prise après que les enquêtes ont établi que Brahim C. a été en contact direct avec le terroriste, qui a décapité le professeur Samuel Paty, vendredi dernier.

Quelques jours avant l’attentat, Brahim C. a appelé à la mobilisation pour le renvoi de l’enseignant, qui a montré des caricatures du prophète Mohammed pendant l’un de ses cours d’éducation civique. Le parent d’élève avait également porté plainte pour «diffusion d’images pornographiques à une mineure», ce à quoi Samuel Paty a réagi en déposant plainte pour «dénonciation calomnieuse».

Abdelhakim Sefrioui, pour sa part, est considéré comme l’un des meneurs de la campagne contre l’enseignant tué. Fiché S depuis une quinzaine d’année pour ses liens avec la mouvance islamiste, il a également accompagné Brahim C. chez le proviseur de l’établissement où enseignait Samuel Paty, en se prévalant d’une représentation des imams de France.

Lors d’un point presse, le procureur antiterroriste Jean-François Ricard a déclaré que l’enquête désigne aussi les deux hommes comme étant à l’origine de la polémique ayant précédé le meurtre. Il sont notamment accusés d’avoir «nommément désigné comme une cible sur les réseaux sociaux», au moyen «d’une manœuvre et d’une réinterprétation des faits». Pour le procureur, l’assaillant se serait même «directement inspiré des messages diffusés» par Brahim C., selon les analyses de contacts téléphoniques et écrits, échangés entre les 9 et le 13 octobre. De son côté, le père de l’élève a soutenu «avoir reçu des messages» de diverses personnes, dont le terroriste, mais sans s’en souvenir «spécifiquement».

Deux adolescents sous contrôle judiciaire

Accusés d’avoir désigné l’enseignant à l’assaillant contre rémunération, deux collégiens de 14 et de 15 ans ont pour leur part été relâchés, mais placés sous contrôle judiciaire pour «complicité», selon des informations de LCI. A son arrivée aux abords du collège, le terroriste a cherché en effet à identifier le professeur, en s’adressant aux jeunes.

Le procureur antiterroriste a également indiqué qu’il «leur a déclaré avoir l’intention de filmer le professeur, de l’obliger à demander pardon pour la caricature du prophète, de l’humilier, de le frapper». Vers 17h, «plusieurs adolescents» désignent le professeur à sa sortie de l’établissement. Le terroriste aurait remit 300 euros à l’un des collégiens, puis il s’est mis «à la poursuite de la victime».

Selon la même source, deux amis du terroriste ont également été mis en examen du même chef. Un troisième ami du jeune russe d'origine tchétchène agé de 18 ans, est quant à lui poursuivi pour «association de malfaiteurs terroriste en vue de commettre des crimes d’atteintes aux personnes». Avant l’attentat, l’individu aurait accompagné le tueur pour l’achat de l’arme (type airsoft) retrouvée sur lui. Le jour de la décapitation, il a également conduit l’assaillant en voiture vers les abords de l’établissement.

Article modifié le 22/10/2020 à 14h18

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